Famille de Monoï mort en garde à vue à Agde veut porter plainte
Famille de Monoï mort en garde à vue à Agde porte plainte

Famille de Monoï porte plainte après un décès en garde à vue à Agde

La famille de Paul Maingre, surnommé Monoï, qui est décédé alors qu'il était en garde à vue au commissariat d'Agde ce mardi 12 mai, a annoncé son intention de déposer plainte. Défendue par Me Jean-Marc Darrigade, elle dénonce une interpellation violente sur la Promenade. Le neveu, témoin oculaire, affirme avoir vu son oncle frappé au sol par les policiers après l'usage d'un pistolet à impulsion électrique.

Un témoignage accablant

Ce mercredi 13 mai, Esaïe Maingre, le neveu du défunt, a livré son récit depuis son domicile situé sur la Promenade, dans le centre-ville d'Agde. « J'étais chez moi. J'ai entendu des cris qui m'ont réveillé et des coups sur la Promenade. En regardant par la fenêtre, j'ai reconnu mon oncle qui hurlait. Il y avait des policiers tout autour de lui. » Il est rapidement descendu sur la place et a crié aux policiers que c'était son oncle. Selon lui, « Mon oncle était en sang face aux policiers. Je pense qu'il n'avait pas reconnu les policiers. Il s'est dirigé vers une voiture de police et a voulu entrer dedans. C'est là que les policiers l'ont tasé. Il a lâché sa machette en hurlant : 'C'est bon, c'est bon !'. Ils sont allés sur mon oncle et lui ont mis des coups de pied et des coups de matraque. »

Esaïe déplore également les moqueries qu'aurait subies son oncle de la part d'un policier. « Il y en a un qui a dit, quand on l'a tasé, qu'il tremblait comme le diable de Tasmanie. Je n'ai pas apprécié cette réflexion. » Il confie ne pas avoir vu toute la scène, notamment lorsqu'il a quitté son logement pour descendre les deux étages. « Quand je suis arrivé, mon oncle saignait de la tête et du nez. Je suis formel. »

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La version des policiers

Contactés, les syndicats de police donnent une version différente. « Sincèrement, ce n'est pas ce qu'il s'est passé. Ils ne le frappaient pas, ils tentaient de le maîtriser. Ils faisaient face à un homme totalement hystérique. Bien entendu que nous avons vu son neveu sur place. C'était une interpellation difficile. Non seulement les policiers devaient préserver leur intégrité face à cet individu, mais aussi alors qu'une foule s'était réunie et elle était hostile. Tout pouvait déraper très vite. » Le premier équipage de la Bac a sollicité des renforts, et des policiers en tenue ainsi que la police municipale sont arrivés. « Il était en sang, nous crachait dessus. Il fallait se protéger. Il ne faut pas raconter n'importe quoi. Nous savons tous qu'il y a les caméras. Cela a été une interpellation compliquée, houleuse, durant laquelle il fallait maîtriser un individu qui refusait le dialogue et de se laisser interpeller. Tout se termine par un drame et tous les intervenants le déplorent. Il est indépendant de l'arrestation. »

La famille veut la vérité

Monoï, sans emploi, vivait seul dans un appartement derrière la Promenade, avec son chien pour seule compagnie, bénéficiant de l'allocation adulte handicapé. « La famille dépose plainte car nous avons pu voir le corps à la morgue. Il est couvert de coups. Tout s'est passé devant les caméras de la ville et ce que nous avons vu doit être su. On dit beaucoup de choses sur mon oncle, mais moi, c'est la première fois que je le vois dans cet état. » La famille attend que l'enquête fasse toute la lumière sur les circonstances de ce drame.

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