Une jeune femme de 27 ans, sans revenu, qui occupait gratuitement une maison appartenant à ses parents en Polynésie française, devra quitter les lieux. Le tribunal a ordonné son expulsion le 12 janvier 2026, estimant que l'accord de son père ne suffisait pas, car sa mère, également propriétaire, s'y opposait.
Un conflit familial autour d'un bien partagé
Les parents de la jeune femme, divorcés depuis 2013, avaient acheté pendant leur mariage un terrain comprenant une résidence principale, une petite maison et un studio. Après leur séparation, ils avaient organisé l'utilisation de ces biens, qui sont restés loués jusqu'en 2019. Selon une avocate du barreau de Paris interrogée par Figaro Immobilier, l'ex-épouse devait récupérer l'usage exclusif de la maison principale le 28 février 2025.
Lorsqu'elle a voulu s'y installer, elle a découvert que sa fille occupait le logement et refusait de partir ou de lui remettre les clés. La jeune femme vivait là depuis plusieurs années avec l'autorisation de son père, mais sans celle de sa mère. Face à son refus de quitter les lieux, la mère a saisi la justice pour obtenir son expulsion.
La mère invoque l'absence de bail et l'opposition d'un propriétaire
La mère estimait que sa fille, majeure, occupait le logement sans bail ni convention lui donnant le droit d'y rester. Elle soutenait également que l'obligation des parents d'aider financièrement leurs enfants ne leur permettait pas d'occuper un bien contre la volonté de l'un de ses propriétaires. Le conflit a fortement dégradé les relations entre la mère et sa fille, cette dernière affirmant ne pas pouvoir s'installer dans un autre logement tant que la maison principale restait occupée.
De leur côté, le père et la fille considéraient que l'occupation était légitime. En tant que copropriétaire, le père estimait pouvoir héberger sa fille sans contrat de location, d'autant que celle-ci ne disposait d'aucun revenu et dépendait encore de l'aide familiale. Ils rappelaient aussi que l'obligation d'entretien d'un enfant ne prend pas nécessairement fin à ses 18 ans s'il n'est pas encore autonome financièrement.
La justice donne raison à la mère et accorde un délai de quatre mois
Dans sa décision du 12 janvier 2026, le tribunal a jugé l'occupation irrégulière et ordonné l'expulsion de la jeune femme. Lorsqu'un bien appartient à plusieurs personnes, l'autorisation d'un seul copropriétaire ne suffit pas à permettre son occupation par un tiers si un autre copropriétaire s'y oppose. La justice a distingué l'obligation éventuelle de soutenir financièrement un enfant majeur des droits attachés à la propriété.
Autrement dit, le lien familial ne donne pas, à lui seul, le droit de rester dans un logement. Compte tenu du contexte familial et de la situation économique de la jeune femme, le tribunal lui a toutefois accordé un délai de quatre mois pour libérer les lieux.



