Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête pour apologie du terrorisme après l'inauguration, fin août, d'une fresque rendant hommage à un séparatiste basque dans les Pyrénées-Atlantiques. Cette fresque, réalisée sur un mur de la commune d'Itxassou, représente le visage de l'ancien membre de l'organisation séparatiste basque ETA, décédé en 2019. L'ouverture de cette enquête a été confirmée par le parquet, qui a précisé que les investigations ont été confiées à la gendarmerie.
Une fresque inaugurée en présence d'élus locaux
La fresque a été inaugurée le 22 août lors d'une cérémonie publique à Itxassou, en présence de plusieurs élus locaux, dont le maire de la commune et des membres d'associations de défense de la cause basque. Selon les informations recueillies, l'œuvre rend hommage à un homme condamné par la justice française pour son appartenance à ETA, organisation inscrite sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne. Les autorités locales n'avaient pas été informées de la réalisation de cette fresque, qui a été peinte sans autorisation préalable.
Une enquête ouverte pour apologie du terrorisme
Le parquet de Bayonne a indiqué que l'enquête a été ouverte pour "apologie du terrorisme", un délit prévu par le code pénal français. Cette infraction est passible de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende. Les enquêteurs devront déterminer si la fresque constitue une glorification d'actes de terrorisme, en tenant compte du contexte et des inscriptions accompagnant l'œuvre. Selon une source proche du dossier, la fresque comporte notamment le nom du séparatiste et des symboles liés à la mouvance indépendantiste basque.
Une réaction politique et associative
Cette affaire a suscité des réactions contrastées dans la région. Des associations de victimes du terrorisme ont salué l'ouverture de l'enquête, estimant qu'il s'agit d'une réponse appropriée à un acte qui glorifie la violence. À l'inverse, des militants indépendantistes basques ont dénoncé une "criminalisation de la mémoire" et ont appelé à un rassemblement de soutien devant la fresque. Le maire d'Itxassou, contacté par Le Monde, a déclaré que la commune n'avait pas été associée à ce projet et qu'elle attendait les résultats de l'enquête avant de prendre une éventuelle décision sur le sort de la fresque.
L'enquête, confiée à la gendarmerie, devra établir les responsabilités des organisateurs de l'inauguration et des auteurs de la fresque. Selon le parquet, les investigations sont en cours et aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade. Cette affaire intervient dans un contexte de sensibilité particulière autour de la mémoire de l'ETA dans le Pays basque français, où plusieurs hommages publics ont déjà suscité des polémiques. La décision finale sur le maintien ou le retrait de la fresque appartiendra à la justice, en fonction des résultats de l'enquête.



