Montpellier : un ex-animateur scolaire accusé de viols et d'agressions sexuelles sur fillettes remis en liberté
Ex-animateur de Montpellier accusé de viols sur fillettes libéré

Un ancien animateur scolaire de Montpellier accusé de viols et d'agressions sexuelles sur fillettes remis en liberté

Un ancien animateur scolaire de Montpellier, âgé de 33 ans, soupçonné d'avoir commis un viol et une dizaine d'agressions sexuelles sur une quinzaine de fillettes de moins de dix ans, a été remis en liberté ce jeudi 2 avril par la cour d'appel de Montpellier. Cette décision intervient malgré l'opposition ferme du parquet, qui estimait nécessaire le maintien en détention provisoire.

Des faits survenus dans deux établissements montpelliérains

Les agressions présumées se sont déroulées avant l'automne 2024 au sein de l'école primaire Charles Dickens, située à proximité de l'Hôtel de ville de Montpellier, ainsi qu'au centre de loisirs Astérix de Grammont. L'homme, qui intervenait comme animateur depuis plus de dix ans en milieu scolaire, avait été suspendu de ses fonctions par la municipalité en octobre 2024 suite aux premières alertes.

Depuis mars 2025, il faisait l'objet d'une interdiction administrative définitive de tout contact avec les mineurs et avait été transféré dans un service administratif sans aucun contact avec le public. Incarcéré le 14 mars dernier après sa mise en examen, il a finalement été libéré ce jeudi par décision de la cour d'appel.

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Des témoignages accablants de fillettes et de collègues

L'enquête, déclenchée à partir de l'automne 2024 après les signalements de plusieurs mères de famille, a révélé des pratiques inquiétantes :

  • Deux fillettes de huit ans ont raconté que l'animateur les avait invitées à le suivre dans une pièce pendant la pause méridienne pour leur faire des massages "au niveau des hanches et des clavicules en passant les mains sous les vêtements".
  • Deux autres petites filles ont expliqué que, sous prétexte de nettoyer des taches de peinture sur leurs vêtements, il avait glissé sa main à l'intérieur de leurs pantalons.
  • Un collègue a témoigné avoir été étonné de voir l'animateur allongé au sol, se faisant masser par plusieurs fillettes.
  • Une animatrice du centre de loisirs Astérix a dénoncé des "gestes inappropriés", l'ayant vu "caresser la peau d'une petite fille sur le flanc".

Les signalements provenant du centre de loisirs Astérix décrivent des gestes encore plus graves, avec des mains glissées sous les vêtements jusqu'à l'intérieur des culottes des enfants, et pour l'une d'entre elles, des attouchements qualifiés de viol aggravé.

Une défense qui conteste l'intention sexuelle

Lors de sa garde à vue, l'animateur a admis avoir pratiqué des massages mais a contesté toute intention sexuelle. Son avocat, Me François-Xavier Pierronnet, a plaidé que certains gestes avaient pu être "surinterprétés" dans le cadre d'"ateliers bien-être" pour lesquels son client avait reçu une formation aux massages.

"Le risque a été évalué, la ville de Montpellier a décidé de le conserver dans ses effectifs en attendant une décision judiciaire, en le mettant en retrait. Les mineures sont à l'abri, de lui, il travaille désormais dans un bureau", a argumenté l'avocat lors de l'audience.

Des révélations familiales troublantes

L'enquête a également mis au jour des faits plus anciens concernant la sœur cadette de l'accusé. Celle-ci a évoqué des gestes déplacés lorsqu'elle était enfant, expliquant que son frère lui avait demandé de le masturber sous la douche un jour où ils se trouvaient seuls dans la salle de bains.

Le psychiatre qui a examiné l'animateur a mis en évidence des anomalies dans son développement psychosexuel, selon les déclarations de la présidente de la chambre de l'instruction de Montpellier.

Le parquet maintient son opposition à la libération

L'avocat général a souligné lors de l'audience : "Nous avons 14 jeunes filles âgées entre 7 et 12 ans qui nous expliquent qu'en exerçant son activité d'éducateur, il a fait des chatouilles, des attouchements, et pour l'une d'entre elles des faits de viol. Elles ne se connaissent pas, elles ne se sont pas concertées, il a usé et abusé de sa qualité d'éducateur".

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Le magistrat a évoqué "un réel trouble à l'ordre public" et insisté sur "une certaine dangerosité criminologique qui conduit à la nécessité de le placer en détention provisoire".

Un contexte héraultais marqué par des affaires similaires

Cette affaire survient dans un contexte où le milieu scolaire héraultais reste marqué par l'arrestation en juillet 2025 d'une assistante de l'école maternelle de Vic-la-Gardiole, soupçonnée de viols et d'agressions sexuelles sur une trentaine d'enfants. Par ailleurs, de nombreuses affaires judiciaires impliquant des animateurs scolaires ont éclaté ces derniers mois à Paris, soulignant la sensibilité particulière de ce sujet.

Malgré la gravité des accusations et l'opposition du parquet, la cour d'appel de Montpellier a donc décidé de remettre en liberté cet ancien animateur, qui continue de travailler pour la municipalité dans un service administratif sans contact avec le public, en attendant le déroulement de la procédure judiciaire.