Effondrement d'une estacade sur la Dordogne : les opposants et le Département s'accusent mutuellement
Estacade effondrée sur la Dordogne : polémique entre opposants et Département

Effondrement d'une estacade sur la Dordogne : la polémique enfle

L'une des quatre plateformes qui permettait d'accéder aux piles des deux ponts en construction au-dessus de la Dordogne s'est écroulée en raison des récentes inondations. Cet incident relance les tensions entre les opposants au projet et les autorités départementales, chacun rejetant la responsabilité sur l'autre.

Un incident prévisible selon les opposants

Ce mardi 17 février, l'Association Sauvons la Vallée de la Dordogne (ASVD) a alerté tous les conseillers départementaux de l'effondrement de l'estacade du pont du Pech, située sur la rive droite de la rivière. Philippe d'Eaubonne, président de l'ASVD, fustige le maintien de ces structures : « Nous avions attiré l'attention sur les risques techniques liés aux estacades. Ces structures ne sont pas faites pour résister aux crues ».

Les quatre estacades, installées en 2018 pour accéder au chantier des ponts, étaient restées en place après la suspension des travaux en décembre de la même année. Elles devaient initialement être retirées durant l'été 2026, après l'arasement des piles ancrées dans le lit de la Dordogne.

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Le Département contre-attaque

Dans un communiqué publié en fin de journée, le Conseil départemental adopte une position offensive, imputant la responsabilité aux opposants : « Sans leur acharnement, la route de contournement de Beynac et ses deux ponts seraient en service – et l'estacade retirée – depuis plus de cinq ans ».

Sur le fond technique, le Département explique que l'incident trouve sa source dans « les importantes crues causées par les intempéries de ces derniers jours ». Il précise également que « cette estacade avait été récemment renforcée dans le cadre des travaux de déconstruction en cours », répondant ainsi aux critiques sur la solidité de ces ouvrages provisoires.

Un calendrier complexe pour la déconstruction

La question urgente qui se pose désormais est celle du retrait de ce ponton composé de ferraille et de béton de la rivière. Le calendrier doit tenir compte de plusieurs contraintes majeures :

  • Les services de l'État préconisent d'éviter les travaux dans la Dordogne entre mars et juillet, période sensible pour la reproduction des espèces piscicoles
  • Des contraintes sécuritaires s'ajoutent pour les travailleurs, les niveaux de hautes eaux et les forts débits présentant des dangers significatifs

Le Conseil départemental indique que « plusieurs solutions d'intervention sont étudiées » et que « les choix techniques seront opérés en concertation avec les services de l'État et l'entreprise responsable de la maîtrise d'œuvre ». Une réunion du comité de suivi environnemental prévue le 2 mars pourrait apporter des précisions sur la suite des opérations.

Un contexte de tensions persistantes

Cet incident survient dans un contexte déjà tendu, après le chantier de déviation de Beynac-et-Cazenac qui a tourné au fiasco. La déconstruction des ouvrages d'art et la remise en état du site du Périgord noir semblent rencontrer des difficultés similaires.

Ironiquement, c'est sur cette même estacade effondrée que plusieurs centaines de manifestants partisans du contournement s'étaient rassemblés exactement un mois plus tôt, le 17 janvier, illustrant l'intensité des passions autour de ce projet controversé.

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