Escroquerie à Montpellier : une septuagénaire piégée par un faux conseiller bancaire perd 60 000 €
Escroquerie à Montpellier : une septuagénaire perd 60 000 €

À Montpellier, une femme de 78 ans a été victime d'une escroquerie par faux conseiller bancaire le 28 janvier dernier. Contactée par SMS puis maintenue au téléphone durant près de trois heures, elle a remis bijoux et objets de valeur à un faux coursier, pour un préjudice estimé entre 40 000 et 60 000 euros. Une enquête est en cours.

Un SMS suspect déclenche l'arnaque

Tout commence par un SMS. Un numéro inconnu l'invite à rappeler en urgence un second numéro car un prélèvement suspect aurait été détecté sur son compte bancaire. Inquiète, la septuagénaire s'exécute aussitôt sans réfléchir. Au bout du fil, un homme se présente comme conseiller du service opposition de sa banque. La conversation va durer près de trois heures.

Une mise en confiance progressive

« Il était gentil, il parlait bien, il paraissait très professionnel. Mais en fait c'était un manipulateur. Il m'a mise en confiance et je me suis fait berner », confie-t-elle aujourd'hui, encore bouleversée. Au fil de l'échange, l'escroc installe un climat d'urgence, évoque une fraude en cours. Elle raconte sa vie, ses habitudes, ses biens. « Je lui ai dit que j'avais des bijoux… et il en a profité. »

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Selon sa déposition, elle aurait même échangé en visio via WhatsApp avec son interlocuteur. Pendant qu'il la maintient en ligne, il parvient à lui soutirer 410 euros. Puis il avance une solution : « Je vous propose de mettre à l'abri ses objets de valeur. Je vous envoie un coursier. Il les récupère et on les place dans un coffre-fort comme ça, vous n'avez plus à vous faire de souci. » Décontenancée par sa gentillesse, la septuagénaire accepte sans sourciller.

Un préjudice lourd et des objets de valeur

« Le temps que je réunisse tous les objets, le coursier a sonné à l'interphone. Il était de type européen, propre sur lui et avait une tête d'ange. Il avait un sac noir avec des petites fleurs. En confiance, je lui ai remis ma montre de marque Graff, achetée il y a quinze ans pour 30 000 francs suisses. Un vase bicentenaire appartenant à mon grand-père estimé à 3 000 euros. Mon collier de perles de culture, c'était un cadeau, je ne connais pas sa valeur. Une marquise en diamant. Ainsi qu'une bague émeraude. Je lui ai tout donné. Qu'est-ce que je regrette aujourd'hui d'avoir agi de la sorte, j'en fais des cauchemars. »

Avant de partir, le faux coursier emporte également sa carte bancaire et l'utilise dans la foulée à un distributeur automatique de billets en retirant 300 euros. « Ma fille, que j'ai eue au téléphone après qu'il soit parti de la maison, a fait opposition immédiatement. Mais il était déjà trop tard », peste la septuagénaire. « Et le comble, c'est que pendant que je parlais avec cet escroc au téléphone, mes enfants m'appelaient. Ils m'auraient mise en garde, eux. Mais je ne leur ai pas répondu car j'étais déjà en ligne… Je me suis fait embobiner. »

Un réseau structuré ciblant les personnes âgées

Selon une source policière, « il s'agit d'un réseau structuré, jouant sur la peur et la solitude, ciblant souvent des personnes âgées. Comme à chaque fois, la victime est manipulée, mise en confiance puis dépouillée ». Au-delà du préjudice financier, c'est la violence morale qui marque. « Je sais bien que je peux faire une croix sur mes bijoux, on ne les retrouvera jamais. Mais je voudrais tellement que ce jeune se fasse arrêter. J'en rêve. »

Un témoignage pour alerter

Aujourd'hui, la Montpelliéraine, qui a déposé plainte le lendemain des faits, a décidé de témoigner pour alerter les potentielles futures victimes. « Aucune banque n'envoie de coursier récupérer carte ou bijoux au domicile d'un client, je l'ai appris à mes dépens. Face à ces escrocs, un seul réflexe à avoir, raccrocher et appeler soi-même sa banque. C'est ce que je n'ai pas su faire face à ces prédateurs qui n'hésitent pas à s'en prendre aux plus vulnérables. »

Une enquête est en cours.

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