Escroquerie sur Leboncoin à Nîmes : des voitures invendables après de fausses annonces
Escroquerie Leboncoin Nîmes : voitures invendables après annonces truquées

Escroquerie sur Leboncoin à Nîmes : des voitures invendables après de fausses annonces

Un homme est accusé d'avoir escroqué plusieurs personnes via de fausses annonces sur Leboncoin à Nîmes, selon un dossier présenté devant le tribunal correctionnel de la ville le 24 février dernier et renvoyé en septembre. Les victimes, regroupées en collectif, dénoncent des voitures au kilométrage falsifié et des réparations jamais effectuées, rendant les véhicules inutilisables.

Des annonces alléchantes qui cachent la réalité

Une trentenaire originaire d'Agde témoigne : "L'annonce était alléchante. La voiture valait 2 700 euros pour 151 200 km". En octobre 2024, elle répond à une offre sur Leboncoin où le vendeur, se présentant d'abord comme un particulier, assure qu'aucun travail n'est à prévoir. Elle se rend à Nîmes avec la somme en espèces, comme demandé. "On discute. Il nous explique qu'il est en réalité un professionnel et qu'il a fait lui-même les travaux, comme la courroie de distribution ou l'embrayage. Il est très sympathique sur le moment", raconte-t-elle.

Un kilométrage falsifié et des réparations fantômes

Lors de la transaction, la jeune femme et ses accompagnants n'essaient pas la voiture ni ne vérifient le kilométrage. "Et lorsqu'il part, il garde les clés du véhicule. Il revient, nous les donne par la fenêtre et repart immédiatement. Car lorsqu'on a démarré la voiture, c'est 271 000 km qui étaient affichés", explique-t-elle. Le vendeur justifie cet écart par un changement de moteur, mais ne fournit jamais de justificatifs. Les réparations annoncées s'avèrent inexistantes. "Aujourd'hui, la voiture est invendable. Elle ne passera jamais le contrôle technique", déplore-t-elle, contrainte de racheter un autre véhicule.

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Huit victimes se regroupent en collectif

Cette mésaventure n'est pas isolée. Huit personnes ont payé entre 2 700 et 3 000 euros pour des transactions similaires sur Nîmes, avec des annonces promettant des réparations effectuées et un kilométrage autour de 150 000 km. Des victimes de Montpellier, Arles ou Marseille se sont regroupées en collectif. "Et eux n'ont pas pu faire leur carte grise, donc leur voiture est inutilisable", souligne la trentenaire.

Un procès renvoyé et un suspect au lourd passé

Le mis en cause, interpellé, a été présenté devant le tribunal correctionnel de Nîmes le 24 février pour pratique commerciale trompeuse. Les premiers faits remontent à avril 2023. L'homme est très défavorablement connu de la justice, ayant écopé de 15 ans de réclusion criminelle en 2014 pour meurtre. À la demande de la défense, le procès a été renvoyé en septembre, et il reste présumé innocent. "Mais je pense qu'il y a encore plus de victimes car j'ai trouvé une vingtaine d'autres annonces de ce type", estime la jeune femme.

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