Esclavage domestique pendant 7 ans : le calvaire de Laëtitia
Esclavage domestique : le calvaire de Laëtitia pendant 7 ans

Une femme de 42 ans, Laëtitia R., a porté plainte contre son ex-compagnon, Guillaume B., 51 ans, qui sera jugé en 2026 aux assises d’Aix-en-Provence pour viols aggravés, proxénétisme, ainsi que des actes de torture et de barbarie. Laëtitia accuse son ex-compagnon de l’avoir réduite en esclavage et livrée à des dizaines d’hommes pendant sept ans. Mère de quatre enfants et préparatrice en pharmacie, elle vit aujourd’hui à Manosque et témoigne auprès de franceinfo.

Un enfer quotidien sous emprise

Pendant sept ans, Laëtitia a vécu dans la terreur. Son histoire avec Guillaume a débuté sur un site de rencontres en 2015. Sous couvert de jeux sadomasochistes, l’homme a progressivement instauré une emprise psychologique et un contrôle coercitif et pervers sur elle. « J’étais dans la peur », admet la quadragénaire. D’abord dominée sexuellement, Laëtitia, alors âgée de 32 ans, a peu à peu perdu toute autonomie dans son quotidien.

« Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher. Je n’avais pas le droit de porter de sous-vêtements. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage », détaille-t-elle. Son ex-compagnon choisissait aussi à qui elle pouvait répondre au téléphone et ce qu’elle devait dire. « Même pour aller aux toilettes, je devais avoir son accord et il s’amusait parfois à me laisser me faire dessus quand je ne pouvais plus tenir. »

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Humiliations et violences extrêmes

Celui qu’elle devait appeler « maître » l’humiliait et la rabaissait constamment. Il l’a notamment contrainte à se faire tatouer une insulte sexuelle humiliante sur le bas-ventre. La nuit, il la passait à tabac, lui entaillant le dos avec un cutter, la frappant avec une planche à découper ou la brûlant avec sa cigarette. Constamment privée de sommeil, Laëtitia avait « seulement droit à une nuit complète tous les dix jours ».

Ce directeur d’agence bancaire lui faisait vivre un calvaire, alternant entre violences physiques extrêmes et violences psychologiques. « Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants. Il menaçait d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. » Dans l’intimité, son ex-compagnon n’éprouvait du plaisir qu’en la voyant souffrir. À cause des « pratiques extrêmes » (scatophilie, zoophilie) qu’il lui a fait subir, Laëtitia est aujourd’hui incontinente et handicapée. Elle avoue devoir porter un appareil.

Prostitution forcée et viols pendant la grossesse

Guillaume a rapidement contraint Laëtitia à se prostituer quand il ne la livrait pas à des inconnus rencontrés sur des sites libertins. Même enceinte, elle a subi des viols répétés, commis dans sa voiture, sur des parkings ou à leur domicile. En avril 2022, après avoir été une nouvelle fois étranglée jusqu’à perdre connaissance, elle a cru mourir.

Pour la première fois, elle a alors confié ce qu’elle subissait à une amie, qui a alerté la police. Moins de 24 heures plus tard, Guillaume B. était placé en détention où il se trouve toujours. Depuis son arrestation, il nie les faits et affirme que Laëtitia était consentante.

Un procès public pour briser le silence

Il sera jugé en 2026 pour viols aggravés, proxénétisme et actes de torture et de barbarie aux assises d’Aix-en-Provence. Laëtitia, qui témoigne pour reprendre le contrôle de son histoire et de sa vie, ne souhaite pas que son procès se déroule à huis clos. À l’image de l’affaire des viols de Mazan, elle explique que le combat mené publiquement par Gisèle Pelicot a achevé de la convaincre.

Si vous êtes victime de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques au sein de votre couple, vous pouvez contacter les numéros suivants : le 3919, le 17, le 112 ou le 114 par SMS.

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