En novembre 2025, un jeune de 18 ans a perdu 600 euros de cannabis, à Marcheprime. Un de ses amis, mineur, a été enlevé par les dealers créanciers pour faire pression sur lui. L’affaire était jugée ce jeudi 7 mai au tribunal correctionnel de Bordeaux.
La séquestration d’un adolescent
Grosse frayeur pour cet habitant de Marcheprime, en Gironde. Il a vécu, l’espace d’une heure, une séquestration pour un motif qui lui était étranger. C’était le 10 novembre 2025. Vers 21 heures, il se trouve à la gare de son village quand quatre individus arrivent. Ces hommes encagoulés lui demandent de le suivre dans leur voiture. Il obtempère et comprend tout de suite qu’il est piégé : les passagers ont un couteau de 30 cm, un pistolet dans un pantalon et un 7,65 dans une chaussette.
Au cours du trajet, ils lui demandent où est l’un de ses amis, âgé de 18 ans. En effet, celui-ci aurait contracté à l’égard du quatuor une dette de stupéfiants. Tous se rendent à son domicile mais il a pris la fuite, se sachant recherché.
Menaces avec un couteau sous la gorge
La séquestration se poursuit dans une forêt, toujours la nuit. L’adolescent est menacé : on lui demande de dire où se trouve son copain. Pour cela, on lui met un couteau sous la gorge puis le 7,65 est braqué sur sa tête. La jeune victime fond en larmes, incapable de répondre. Elle sera finalement libérée et pourra appeler les secours.
Les gendarmes sont utilement renseignés : même encagoulés, les protagonistes ont été reconnus. Une perquisition a lieu chez eux dès le lendemain : dans les quatre domiciles, on trouve les armes, de petites quantités de cannabis, et tout l’attirail pour conditionner la drogue.
Le jugement au tribunal correctionnel
C’est ainsi que les prévenus sont arrivés au tribunal correctionnel de Bordeaux, jeudi 7 mai. Le conducteur se perd dans ses explications, niant la séquestration. « Il pouvait sortir de la voiture », jure-t-il. L’audience est marquée par l’annonce du mobile : la dette de stupéfiants s’élevait à 600 euros. « Il avait perdu une plaquette [de cannabis, NDLR] », dévoile le dealer, tête pensante de l’opération. Les mis en cause ont 22, 23 et 25 ans ; certains ont un petit casier, d’autres pas. « J’ai suivi le mouvement », entend-on pour seule explication chez les complices. Le trafiquant et ses hommes de main sont condamnés à dix-huit mois de prison dont douze avec sursis probatoire.



