Enlèvement dans l'Yonne : six jeunes poursuivis pour rapt avec demande de rançon en cryptomonnaie
Six jeunes âgés de 17 à 20 ans ont été mis en examen vendredi 17 avril à Paris pour leur participation présumée à l'enlèvement d'une mère et de son fils de 11 ans dans l'Yonne, une affaire marquée par une demande de rançon en cryptomonnaie et une intervention spectaculaire du GIGN dans le Val-de-Marne. Les victimes ont été libérées après 24 heures de cauchemar grâce à la mobilisation d'une centaine de gendarmes.
Une opération criminelle minutieusement préparée
Peu après 7 heures lundi, quatre malfaiteurs cagoulés se sont introduits chez les victimes. Ils ont attaché le père à une chaise avec des colliers de serrage, puis sont allés chercher sa compagne et leur enfant. Selon le parquet de Paris, les agresseurs ont exigé un virement de 400 000 dollars en cryptomonnaie et ont frappé le père en le menaçant de mutilation.
Après avoir fouillé entièrement le domicile, ils se sont emparés de 10 000 euros en espèces, de bijoux, de petits lingots d'argent et d'un fusil avec lequel ils ont menacé les victimes. Découvrant l'existence d'un délai incompressible de sept jours avant qu'un transfert de cryptomonnaies soit effectif, les malfaiteurs ont enlevé la femme et l'enfant, repartant avec deux véhicules et un otage dans chacun.
L'intervention décisive du GIGN
Le père est parvenu à se libérer de ses liens et à prévenir un ami, qui a immédiatement alerté les forces de l'ordre. Il a ensuite reçu des vidéos de ses proches, manifestement retenus dans une chambre d'hôtel. Les investigations particulièrement rapides des gendarmes ont permis de localiser le lieu à Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de-Marne, selon le parquet de Paris.
La libération des otages a été réalisée mardi à 6 heures par le GIGN, le groupe d'intervention d'élite de la gendarmerie, mettant fin à 24 heures de cauchemar pour les victimes.
Six mis en examen, un commanditaire présumé en fuite
Six personnes dont un mineur ont été déférées devant les juges d'instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris, a précisé le parquet, qui a demandé leur placement en détention provisoire. Elles sont mises en examen et encourent la perpétuité, notamment pour enlèvement et séquestration en bande organisée.
Une septième personne a été relâchée sans poursuites, mise hors de cause car le téléphone utilisé par les malfaiteurs et enregistré à son nom lui avait en réalité été dérobé la semaine précédente. Le commanditaire présumé ne fait pas partie des personnes arrêtées, selon des informations révélées lors des débats devant le juge des libertés et de la détention.
Des détails surprenants sur le déroulement de l'enlèvement
Parmi les six mis en examen, un jeune homme de 20 ans est soupçonné d'avoir transporté l'enfant de 11 ans dans la voiture de sa mère. La voiture est tombée en panne d'essence en plein rapt, comme l'a appris l'AFP lors des débats judiciaires.
Il n'avait pas de cagoule, pas de gants, il prend le véhicule de sa mère qui n'a pas d'essence, a résumé son avocat Me Simon Bauchet. Mon client a été naïf d'accepter de transporter des personnes qu'il ne connaissait pas, pour 500 euros. Lorsqu'il a compris ce qu'il se passait, il a été menacé.
Le jeune homme, au casier vierge et qui avait commencé une carrière dans le mannequinat et le cinéma, a été placé en détention provisoire malgré les arguments de sa défense.
Les positions des avocats de la défense
Dans un tel dossier, il va être très important d'établir les responsabilités. Celle de mon client est extrêmement minime dans l'affaire et sa détention provisoire n'est pas du tout justifiée, a déclaré Me Nabil Boudi, qui défend l'un des mis en examen.
Un autre avocat, Me Baptiste Bellet, a promis la collaboration de son client : Mon client a répondu à l'ensemble des questions qui lui ont été soumises et a reconnu son implication dans les faits. Il n'est toutefois pas à l'origine de l'opération en cause. Il collaborera pleinement tout au long de la procédure.
Cette affaire complexe, qui mêle violence, demande de rançon en cryptomonnaie et intervention d'élite des forces de l'ordre, devrait donner lieu à une procédure judiciaire longue et minutieuse pour déterminer les responsabilités exactes de chacun des accusés.



