Drones en prison : un Héraultais identifié 423 fois en deux mois
Drones en prison : un Héraultais identifié 423 fois

Un homme de 35 ans, Omer T., a été mis en examen et placé en détention provisoire, soupçonné d'avoir organisé un trafic de livraison par drones vers plusieurs prisons du Sud de la France. Selon l'enquête de la division criminalité organisée et spécialisée de la police judiciaire de Montpellier, il a été identifié à 423 reprises en deux mois près de la prison de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), malgré son contrôle judiciaire.

Une entreprise de dronage bien organisée

En août 2025, Omer T., qui se déclare gérant de sociétés de maçonnerie et de location de voiture, a été surpris en pleine confection de paquets à livrer avec son cousin Isa T., 37 ans. La perquisition du garage a permis de saisir 8 drones, 36 télécommandes, plusieurs dizaines de batteries et 42 colis prêts à s'envoler, contenant des cigarettes, 1,2 kg de résine de cannabis, 14 g de cocaïne, des couteaux en céramique et une quinzaine de téléphones.

Sur chaque emballage était inscrit le surnom du détenu destinataire, comme "DZ", "El Chapo", "London" ou "Le M Maroc". L'enquête a établi qu'Omer T. se trouvait régulièrement à proximité de prisons à Grasse (Alpes-Maritimes), à Nîmes, Béziers et Villeneuve-lès-Maguelone.

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Un phénomène qualifié de "mini start-up"

Les gendarmes de la section de recherches de Montpellier avaient déjà épinglé Omer T. sur un réseau de livraison par drone, via Snapchat, TikTok et Telegram, dans l'Hérault, le Var et les Bouches-du-Rhône. Le 25 août 2026, la cour d'appel de Montpellier a prolongé sa détention provisoire, alors qu'Omer T., qui voulait être libéré, a gardé le silence et refusé de donner le code de son téléphone portable.

"Aujourd'hui, le recrutement et la formation de droneurs se font sur les réseaux comme Snapchat avec des petites annonces. Ils obtiennent des autorisations de vol en 'craquant' les logiciels des drones commerciaux configurés pour ne pas aller au-dessus des prisons, puis ils sont mis en relation avec les clients et souvent ils ne savent ce qu'ils livrent… Ce sont des mini start-up", a expliqué un enquêteur spécialisé.

Des profils préoccupants et des conséquences judiciaires

"Ce phénomène est d'autant plus préoccupant quand on voit les profils de certains mis en cause : de jeunes individus parfois inconnus de la justice, ou avec des condamnations mineures, et qui peuvent être instrumentalisés par d'autres dans ce type d'opérations", a alerté Me Majid Diab, avocat pénaliste montpelliérain, qui défend régulièrement ces jeunes droneurs.

Le cousin d'Omer T., Isa T., s'était enfui avant d'être interpellé en octobre 2025, suite à la délivrance d'un mandat européen. L'instruction judiciaire est en cours.

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