Drame militaire à Paris : un soldat tué par un tir accidentel lors d'une soirée alcoolisée
Drame militaire : un soldat tué par un tir accidentel à Paris

Un drame militaire choquant à Paris

Un jeu dangereux avec des armes entre militaires lors d'une soirée fortement alcoolisée a tourné au tragique. Leur camarade, touché à la tête par un tir le week-end dernier, est mort vendredi 20 février, comme l'ont confirmé l'état-major et le parquet de Paris. Trois soldats font face à des accusations criminelles et risquent la prison dans cette affaire qui secoue l'institution militaire.

Un décès annoncé dans la douleur

« Profonde tristesse d'apprendre tôt ce matin le décès du brigadier Alexandre Lanckbeen, à l'hôpital militaire de Percy, des suites de ses blessures », a écrit le gouverneur militaire de Paris, Loïc Mizon, sur le réseau social X. Il a exprimé sa « compassion à l'égard de sa famille et de ses proches ». Le chef d'état-major de l'armée de terre, Pierre Schill, a également présenté ses condoléances sur X à la « famille » et aux « proches et frères d'armes » du militaire.

Alexandre Lanckbeen appartenait au prestigieux 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes. Il avait été hospitalisé après avoir été grièvement blessé dans la nuit de samedi à dimanche par un tir de pistolet provenant d'un de ses camarades. L'incident s'est produit au sein du détachement de soldats affectés à la garde de l'hôpital militaire de Percy, situé en région parisienne.

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Une soirée interdite aux conséquences dramatiques

Trois militaires ont été mis en examen à Paris dans cette affaire, dont l'un pour avoir tiré avec une arme sur la victime. Ces informations ont été révélées mercredi par l'Agence France-Presse (AFP) auprès de sources proches du dossier, confirmées par le parquet de Paris. Dans la nuit de la Saint-Valentin, Alexandre Lanckbeen a été atteint « d'un projectile de calibre de 9 mm à la tête », selon le ministère public.

Tous les militaires impliqués appartiennent au même régiment que la victime. Ils étaient en mission Sentinelle en région parisienne et logés sur le site de Percy. Le parquet de Nanterre a d'abord ouvert une enquête avant de se dessaisir au profit de celui de Paris, compétent car les mis en cause sont des militaires.

En garde à vue, les soldats ont expliqué avoir consommé de l'alcool lors d'une soirée le 14 février, « en dépit de la stricte interdiction de consommation d'alcool sur le site de l'hôpital des armées », a souligné le parquet. Leurs taux d'alcoolémie variaient entre 0,17 g/L et 2,5 g/L dans le sang, avec un taux particulièrement élevé de 1,57 g/L pour le militaire soupçonné d'être le tireur.

Les militaires ont alors « joué à tester la réactivité de chacun face à une arme tendue », une activité extrêmement risquée qui a conduit à la tragédie. Le parquet de Paris a été avisé vendredi du décès, mais les chefs d'accusation n'ont pas encore évolué.

Des accusations criminelles graves

Benjamin D., mis en examen pour avoir tiré sur son camarade, est poursuivi pour « violences avec arme suivie d'infirmité permanente », un crime passible de 15 ans de réclusion criminelle. Il est également poursuivi pour « violation de consigne par consommation d'alcool », un délit passible de deux ans d'emprisonnement.

« Mon client reconnaît être à l'origine du tir ayant blessé un de ses camarades », a déclaré son avocat, Baptiste Bellet, à l'AFP. Cependant, il insiste sur le fait que ce tir était « strictement accidentel » et que son client « ignorait que l'arme était chargée ». L'avocat a assuré que son client coopérerait « pleinement » à l'enquête.

Selon les éléments du parquet de Paris, l'armement collectif se trouvait dans une armoire forte, mais deux des militaires étaient « détenteurs d'une arme de poing ». Le responsable de groupe était allé se coucher en laissant la sienne sur la table. Le juge des libertés et de la détention a décidé de ne pas placer en détention provisoire le tireur, et le statut de militaire ne permet pas de placement sous contrôle judiciaire.

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Deux autres militaires, Fabien B. et Mohamed C., sont également poursuivis pour « blessures involontaires » par violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence. Ce délit est passible de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Les deux hommes sont aussi mis en examen pour « modification de l'état des lieux d'un crime ou délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité », ce qui suggère une tentative de maquillage de la scène du drame. Ce délit est également passible de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Ils sont également accusés de « violation de consigne par consommation d'alcool ».

Il est en outre reproché à Mohamed C. une « violation de consigne par arme de service non sécurisée », un délit passible de deux ans d'emprisonnement. Cette affaire met en lumière des manquements graves aux règles de sécurité au sein d'une unité militaire d'élite, entraînant des conséquences irréparables.