Un drame routier aux conséquences irréversibles
Une quadragénaire est passée devant le tribunal correctionnel de Dax ce jeudi 19 mars 2026, confrontée aux terribles conséquences d'un accident survenu le 1er octobre 2025 à Cagnotte. Ce jour-là, vers 16 heures, alors qu'elle circulait sur la route de Bélus avec son fils de 13 ans endormi à ses côtés, elle a percuté mortellement un cycliste de 59 ans à une intersection.
Une intersection fatale
La conductrice affirme ne pas avoir vu le panneau stop à l'approche de la RD29, suivant simplement l'itinéraire conseillé par son GPS. Les conditions météorologiques étaient pourtant idéales, avec un soleil descendant progressivement dans le ciel. Le choc a été d'une rare violence, propulsant le corps du cycliste à plusieurs mètres dans les airs.
Un ambulancier présent sur les lieux a immédiatement tenté de pratiquer un massage cardiaque, mais le médecin du Smur a dû constater le décès quelques minutes plus tard. La présidente du tribunal, Elisa Wegbecher, a précisé que les enquêtes des gendarmes ont révélé qu'une haie masquait le panneau, visible seulement à moins de 50 mètres.
La douleur d'une famille dévastée
L'une des filles de la victime a pris la parole avec émotion : « Qui peut imaginer une perte aussi brutale ? L'inattention a tué mon père ». Elle a décrit son père comme un cycliste aguerri et prudent, réalisant environ trois sorties par semaine. « À 23 ans, ce n'est pas la vie que j'avais imaginée. Aujourd'hui, il me reste les allers-retours au cimetière. Ce n'est pas un accident, c'est un homicide ».
L'épouse du cycliste, mariée avec lui depuis vingt-neuf ans, a évoqué le moment où « le sol s'est dérobé » sous ses pieds lorsqu'elle a vu le maire accompagné de gendarmes. « Nous avions une vie ordinaire et harmonieuse. C'était un père aimant et protecteur. Cette absence forte nous rend faibles ». Elle a également mentionné les projets qu'ils ne pourront jamais concrétiser, notamment la célébration de leurs trente ans de mariage.
Les plaidoiries contradictoires
Pour Me Chudziak, avocat des parties civiles, la qualification d'homicide routier s'impose : « Vous avez commis ce délit routier. Ce stop, on le voit à 50 mètres, elle ne le voit pas. Cette version n'est pas possible ». Me Arcaute a quant à lui cité Lamartine pour décrire « l'anéantissement physique et moral » de la famille face à ce drame qui les « étreint et oppresse ».
La procureure Anne Kayanakis a reconnu qu'« il n'y a pas d'élément » permettant d'affirmer que la conductrice a franchi délibérément le carrefour, tout en soulignant qu'il s'agissait d'« une faute extrêmement lourde de conséquences ». Elle a requis deux ans de prison avec sursis et l'annulation du permis de conduire pour trois ans.
La défense plaide l'inattention
L'avocate de la défense, Me Chimits, a rappelé que sa cliente vit désormais avec cette « mort sur la conscience ». « Elle a commis une faute d'inattention qu'il faut remettre dans la réalité. C'est quelque chose qui peut arriver à tout le monde ». La conductrice, testée négative à l'alcool et aux stupéfiants, affirme ne plus conduire depuis les faits et avoir « une peur bleue de reprendre la route ».
La présidente du tribunal a résumé la situation en ces termes : « Ces faits sont d'une terrible gravité et d'une terrible simplicité ». Le délibéré est attendu pour le jeudi 16 avril, laissant dans l'attente une famille meurtrie et une conductrice marquée à jamais par cette tragédie.



