Alors qu'il souhaite assister à l'accouchement de son épouse en plein Mondial, le joueur belge Jérémy Doku se retrouve au coeur d'une polémique. C'est une polémique dont la Belgique et son sélectionneur français Rudi Garcia auraient aimé se passer. L'ailier gauche Jérémy Doku pourrait quitter sa sélection pendant la Coupe du monde. Son épouse est enceinte et le terme est prévu début juillet, à l'orée des quarts de finale. L'ancien joueur de Rennes souhaiterait rentrer à Londres pour assister à la naissance de son premier enfant. Une décision qui fait débat.
Une question épineuse pour le joueur de Manchester City
Doit-on assister à la naissance de son enfant en pleine Coupe du monde, lorsqu'on est le joueur de l'une des sélections en course pour la victoire finale ? La question est épineuse et Jérémy Doku, l'ailier de la Belgique, va devoir y répondre dans les prochains jours. « Personne ne veut manquer la naissance de son premier enfant », a-t-il déclaré.
Shireen, l'épouse de l'ailier gauche des Diables Rouges, est actuellement en Angleterre où le joueur réside. D'ici début juillet, elle doit accoucher à Londres de leur premier enfant. Un accouchement qui pourrait s'entrechoquer avec les quarts de finale du Mondial. Il y a quelques jours, devant les médias belges, le joueur de 24 ans a annoncé qu'il aimerait assister à la naissance. Une déclaration qui fait débat en France comme outre-Quiévrain.
« Cela dépendra du moment où cela se passera, mais c'est mon premier enfant, donc je voudrais vraiment être là. Si vous me demandez ce que je souhaite, ma réponse est que personne ne veut manquer la naissance de son premier enfant, a expliqué le milieu offensif de Manchester City. Mais je sais aussi que le football implique bien d'autres considérations. Je sais que la Fédération soutient ses joueurs et comprend chaque situation. On verra ce qu'on peut faire. »
La journaliste France Pierron déclenche une polémique
C'est en France que la polémique a été la plus vive avec les propos de la journaliste de la chaîne L'Équipe, France Pierron. Cette dernière, au sein de l'émission L'Équipe de Greg, a partagé son désaccord avec la volonté de Doku. « Je ne comprends pas. Quand tu as la chance inouïe de participer à une Coupe du monde, ce qui ne se représentera peut-être plus jamais dans ta vie, tu vas quitter tout cela pour assister à la naissance de ton enfant, a-t-elle réagi. Qui en plus est vraiment un moment dégueulasse où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant. »
Malgré l'opposition formulée en plateau par le boxeur Brahim Asloum, France Pierron a poursuivi son argumentaire. « Tu vas perdre 10h (à faire l'aller-retour). Tu vas prendre un shoot émotionnel et te fatiguer. Tu vas sortir de ton Mondial. Comment tu peux jouer après ça ? Ton bébé sera toujours là après. » « Ce moment-là est unique. Et si tu le loupes, tu ne pourras plus le rattraper », lui a répondu Asloum.
La Fédération chercherait une solution
« En Belgique, les commentaires ne sont pas hargneux. D'un côté, il y a les arguments pour le gentil papa et de l'autre ceux du Diable qui doit être fier (de jouer le Mondial, ndlr) », expose le journaliste Christophe Franken, envoyé spécial aux États-Unis pour La Dernière Heure. « Pendant la phase de poules, les équipes jouent tous les six jours, reprend notre confrère. L'aller-retour serait jouable si cela restait ainsi mais le calendrier se resserre pendant la phase à élimination directe et la Fédération n'a pas du tout envie qu'il s'en aille. C'est très clair. Mais ses dirigeants ne veulent pas non plus lui dire : “Écoute, c'est nous qui décidons. Tu restes…” Ils veulent trouver un compromis… Ils attendent un peu et jouent la montre. Ils sont en lien avec les médecins de l'hôpital à Londres où son épouse accouchera. »
Parmi ses coéquipiers, ceux qui sont déjà papas essaient peut-être de lui faire comprendre. Ils lui passent des petits messages du genre : « Ton bébé, plus tard, peut-être qu'il sera davantage content d'avoir eu un geste de ta part si tu marques. Comme l'avait fait le Brésilien Bebeto en 1994. Tout le monde parle encore de sa célébration (il avait mimé le bercement d'un enfant avec ses bras). »
En Belgique, Doku (44 sélections, 7 buts) est le « chouchou du public » selon notre confrère. Il est également présenté comme un facteur X par les suiveurs de la sélection. Rapide et puissant, il fait d'énormes différences dans le un-contre-un et son pays aura grandement besoin de lui s'il souhaite devenir champion du monde pour la première fois de son histoire. Un autre Diable, le défenseur Brandon Mechele est dans la même configuration que Doku. Son cas pourrait aussi être le cadre de discussions entre le joueur et la Fédération.
Auteurs d'un mal nul peu flatteur en ouverture contre l'Égypte à Seattle (1-1), les Belges ont désormais rendez-vous avec l'Iran, ce dimanche soir (21h à Los Angeles). Une victoire leur permettrait de faire un pas vers les 16es de finale.



