Disparition de Valérie en 1982 : l'affaire non résolue qui hante toujours Laluque
Disparition de Valérie en 1982 : l'affaire non résolue de Laluque

Disparition de Valérie en 1982 : l'affaire non résolue qui hante toujours Laluque

Le 6 mars 1982, alors que le Quinze de France affronte l'Écosse dans le Tournoi des Cinq-Nations, un drame se joue à Laluque, un petit village des Landes. Valérie, une enfant de 11 ans, disparaît sans laisser de trace alors qu'elle rentre chez elle à vélo après une réunion de catéchisme annulée. Vingt-sept années se sont écoulées, mais le mystère reste entier, plongeant la communauté dans une douleur persistante.

Les premières heures de l'enquête

Vers 17 heures, trois jeunes Laluquoises découvrent le vélo jaune de Valérie dans un fossé sur la route de Lesgor, bordée de pins. Peu après, sa veste grise et son sac sont retrouvés jetés dans des fourrés près d'un ruisseau, à quelques centaines de mètres de sa maison familiale. La mère de Valérie, inquiète de ne pas voir rentrer sa fille, donne l'alerte. Immédiatement, des recherches massives sont lancées.

Dès le lendemain, des moyens considérables sont déployés : environ 500 hommes, incluant gendarmes, pompiers, parachutistes du 6e RPIMa de Mont-de-Marsan et habitants, ratissent la forêt dans un rayon de 10 kilomètres. La salle de la mairie est transformée en poste de commandement. Les hypothèses fusent : la fillette s'est-elle perdue dans les bois ? Est-elle tombée dans un plan d'eau, d'autant qu'elle ne sait pas nager ? A-t-elle fugué ? Cette dernière piste est rapidement écartée, car Valérie est décrite comme une enfant modèle, souriante et sans histoires.

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L'enquête piétine et rebondit

Les enquêteurs, dirigés par le colonel Soler et le capitaine Denis, étudient deux pistes principales : le kidnapping et l'enlèvement par un criminel sexuel. La première est écartée, la famille modeste de Valérie ne pouvant payer de rançon. Les investigations auprès des délinquants sexuels de la région, avec le soutien du SRPJ de Bayonne, ne donnent aucun résultat. L'enquête s'enlise, et le dispositif à Laluque est levé après des semaines de recherches infructueuses.

Le 7 avril 1982, une information judiciaire est ouverte par le substitut du procureur de Dax, M. Mevellec. Des fouilles sont régulièrement organisées, suivant même les indications de radiesthésistes et médiums, mais toutes les prémonitions s'avèrent erronées. L'affaire rebondit trois ans plus tard avec la disparition tragique d'une autre petite fille, Magali, 7 ans, enlevée à Colayrac-Saint-Circq en janvier 1984. Son corps est retrouvé quinze jours plus tard, et Robert Guinet, un pédophile multirécidiviste, est mis en examen pour ce crime.

Les aveux et le procès de Robert Guinet

Fin 1985, depuis sa cellule, Robert Guinet s'accuse du meurtre de Valérie. Il déclare avoir abandonné son cadavre dans la forêt de Laluque, mais les recherches reprenant avec lui comme guide ne donnent rien. En juin 1986, il se rétracte, expliquant avoir tout inventé pour que les enquêteurs le laissent tranquille. Une ordonnance de non-lieu est rendue en 1992, mais la cour d'appel de Pau casse cette décision et ordonne son renvoi devant la cour d'assises des Landes.

Le procès s'ouvre le 7 février 1994 à Mont-de-Marsan. Robert Guinet, décrit comme un « pervers dangereux » par les experts psychiatres, nie toute implication dans la disparition de Valérie. Après quatre jours d'audience, la cour d'assises l'acquitte le 10 février 1994, au bénéfice du doute, allant à l'opposé des réquisitions de l'avocat général qui demandait la perpétuité. Guinet reste emprisonné pour l'assassinat de Magali, mais l'affaire Valérie reste non résolue.

Le village meurtri et silencieux

En près de trente ans, Laluque a changé : la population est passée de 660 à 725 habitants, des lotissements ont poussé, et des commerces se sont renouvelés. Pourtant, personne n'a oublié. Le sujet reste tabou, et le maire actuel comme l'ancien refusent de commenter, par respect pour la famille de Valérie, qui vit toujours là. Une vieille dame anonyme confie : « Nous souhaiterions tous savoir ce qui est arrivé à la gosse. Pendant longtemps, tout le monde se soupçonnait. »

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Les révélations du procès de Guinet ont ajouté à la douleur, notamment la confession du curé de Laluque, qui a reconnu des attouchements sur des enfants de la paroisse, tout en niant avoir approché Valérie. Aujourd'hui, le dossier repose dans les archives du tribunal de grande instance de Dax, définitivement refermé mais non détruit. La question lancinante demeure : que s'est-il passé ce 6 mars 1982 sur la petite route de Lesgor ? Laluque, encore meurtri, se protège et garde ses secrets, perpétuant le mystère de la disparition de Valérie.