Marseille: deux syndicalistes CGT condamnés pour détournement de fonds
Deux syndicalistes CGT condamnés à Marseille

Deux syndicalistes CGT condamnés pour détournement de fonds au Grand port maritime de Marseille

Deux représentants de la CGT au sein du Grand port maritime de Marseille ont été condamnés ce lundi par le tribunal correctionnel de Marseille. Pascal Galéoté et Bernard Cristalli ont écopé de douze mois de prison avec sursis, de trois années d'inéligibilité, ainsi que d'amendes respectives de 5 000 et 3 000 euros. Ils étaient reconnus coupables d'abus de confiance pour avoir détourné plus de 260 000 euros alloués au comité d'entreprise entre 2014 et 2018.

Réactions de la CGT et de la défense

Dans un communiqué, la CGT a exprimé son « incompréhension et sa colère », dénonçant une « instruction à charge » et regrettant qu'« aucun élément de la défense n'ait été retenu ». Maître Philippe Vouland, avocat des deux syndicalistes, a précisé à l'AFP qu'il n'y avait pas d'exécution provisoire du jugement et qu'il allait faire appel. « Pour l'heure, Pascal Galéoté n'est pas inéligible, ne paie pas les 5 000 euros, n'a pas son casier entaché, l'appel est suspensif », a-t-il souligné.

Les faits reprochés

La justice, alertée par un rapport de la Cour des comptes, reprochait aux deux hommes d'avoir utilisé indûment 264 833 euros du comité social et économique (CSE), dont les fonds sont destinés à financer des prestations culturelles et sociales pour l'ensemble des salariés. Selon le jugement, « ils ont ensemble réalisé les détournements en étant impliqués de manière similaire ». Le tribunal y voit « une atteinte à la démocratie sociale et à la confiance que la communauté des salariés peut avoir dans ses représentants ».

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Les détournements concernaient des « frais de restauration, d'alimentation, de transport, de bureautique et divers achats » qui auraient été détournés au profit « d'une réalité personnelle et syndicale ». Parmi les achats litigieux : douze ordinateurs, quatorze téléphones portables, des tablettes, enceintes et écouteurs sans fil, mais aussi 75 euros dépensés dans un bar à cocktails parisien tard dans la nuit, ou encore plus de 98 000 euros de frais dans des restaurants parfois situés hors de Marseille. Les mis en cause avaient justifié ces dépenses par des « journées de cohésion pour les élus du CSE ».

Réactions des parties civiles

Henri Labi, avocat du syndicat des cadres Spicpam, qui demandait à se constituer partie civile, a dénoncé un « système organisé » et non une « petite tricherie ». Il a salué le « grand courage » du parquet qui a lancé les poursuites, alors que « politiquement, il était peut-être plus prudent de fermer les yeux cette fois-ci ». Il a interpellé la direction du port, qui ne s'était pas constituée partie civile : « Là, maintenant, la balle est entre les mains de la direction. Que faites-vous maintenant ? Est-ce que vous continuez à fermer les yeux alors que le parquet a poursuivi ? »

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