Deux bébés congelés en Haute-Saône : la mère mise en examen pour meurtres sur mineurs
Deux bébés congelés : la mère mise en examen pour meurtres

Deux bébés congelés en Haute-Saône : la mère mise en examen pour meurtres sur mineurs

Vendredi, le procureur de Besançon, Cédric Logelin, a annoncé que la mère des deux bébés retrouvés congelés dans un village de Haute-Saône a été mise en examen jeudi soir pour meurtres sur mineurs et placée en détention provisoire. Cette affaire sordide a profondément ému la région et suscite de nombreuses questions sur les circonstances de ce drame familial.

La macabre découverte dans un congélateur

Le 10 février, un homme a contacté la gendarmerie après avoir découvert le corps d'un nouveau-né dans un congélateur de son domicile à Aillevillers-et-Lyaumont, une commune de 1.500 habitants située en Haute-Saône, à la limite des Vosges. Sur place, les gendarmes ont immédiatement fait une seconde découverte macabre : le corps d'un second nourrisson, également congelé. Cette double trouvaille a immédiatement déclenché une enquête judiciaire de grande ampleur.

Le profil de la suspecte et le contexte familial

La mère, âgée de 50 ans, est la principale suspecte dans cette affaire. Cette femme, qui a eu neuf enfants de trois pères différents, avait quitté la maison familiale « de manière subite » en décembre dernier. Elle y avait laissé ses quatre plus jeunes enfants, âgés de 14 à 20 ans, leur père, ainsi qu'un cinquième enfant plus âgé issu d'une précédente union. Suite à ce départ, le foyer était « en forme de réorganisation familiale » lorsqu'un membre de la famille a fait la terrible découverte en effectuant du tri dans le congélateur, un appareil que seule la mère utilisait habituellement.

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La suspecte a été interpellée mercredi à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, sans opposer de résistance. Initialement placée en garde à vue pour assassinat, un chef d'accusation qui suppose une préméditation, cette qualification n'a finalement pas été retenue par le procureur. Elle n'a aucun antécédent judiciaire connu.

Selon les autorités, la famille était « honorablement connue » et ne présentait « pas de difficultés » apparentes, comme l'a précisé jeudi une autre magistrate du parquet, Christine de Curraize. Le maire du village, Jean-Claude Tramesel, a confirmé que la famille habitait la commune depuis une vingtaine d'années mais n'y travaillait pas. « Ce sont des gens qui ne font pas parler d'eux », a-t-il déclaré, soulignant le caractère inattendu de cette tragédie.

Les aveux et les explications de la mère

Lors de sa garde à vue, la femme a reconnu avoir donné naissance aux deux bébés retrouvés congelés chez elle. Elle a expliqué « avoir accouché au domicile » puis « avoir enveloppé les nouveau-nés aussitôt après l'accouchement » avant de les déposer « dans ce congélateur situé dans la buanderie du domicile », comme l'a détaillé le procureur Cédric Logelin lors d'une conférence de presse jeudi.

Elle a également avoué avoir « caché » ces grossesses « à son entourage familial et amical », et avoir « inventé des explications lorsqu'elle était interrogée sur ses prises de poids », en portant « des vêtements amples pour les dissimuler ». « Lors de ses auditions, elle pleurait très régulièrement et se disait désolée pour ses enfants et sa famille », a ajouté le magistrat, décrivant une femme visiblement bouleversée par ses actes.

La suspecte n'a pas pu indiquer précisément les dates de naissance des deux bébés congelés, les situant seulement entre 2011, date de la naissance de son enfant précédent, et 2018, période où elle avait repris une activité professionnelle.

Les suites de l'enquête et les prochaines étapes

Le compagnon de la suspecte, également placé en garde à vue, a affirmé qu'il « ignorait totalement ces grossesses et qu'il tombait des nues », selon les déclarations du procureur. Aucune charge n'a été retenue contre lui à ce stade de l'enquête.

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La femme de 50 ans a quant à elle été officiellement mise en examen jeudi soir pour meurtres sur mineurs et placée en détention provisoire. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité si elle est reconnue coupable. Le parquet a précisé qu'aucune autre personne n'a été mise en examen dans cette affaire pour le moment.

Les corps des deux nourrissons doivent être autopsiés vendredi afin de déterminer les circonstances exactes de leurs décès et, si possible, dater approximativement les faits. Cette expertise médico-légale sera cruciale pour établir la chronologie des événements et comprendre pleinement cette tragédie familiale qui a secoué la petite commune d'Aillevillers-et-Lyaumont.