Une affaire de torture liée à une dette de stupéfiants dans le Gard
Ce mardi 17 février, tôt le matin, les gendarmes de l'antenne GIGN d'Orange sont intervenus dans le secteur d'Alès, dans le nord du Gard, pour procéder à l'interpellation de trois individus. Ces derniers sont suspectés d'avoir torturé un de leurs compagnons lors d'une soirée où alcool et stupéfiants ont été consommés en grande quantité. Un quatrième suspect, Ali Hansali, âgé de 22 ans, a été directement extrait de sa cellule, car il purge actuellement une peine de trois ans de prison pour trafic de stupéfiants sur la commune de Cendras, condamné par le tribunal correctionnel d'Alès en décembre 2025.
Une vidéo controversée au cœur de l'affaire
Lors du procès d'Ali Hansali, le ministère public avait réclamé la diffusion d'une vidéo contenant de supposées scènes de violence, d'actes de torture et de barbarie. Cette demande a provoqué une vive confrontation entre le représentant du ministère public, Quentin Larroque, et le conseil du prévenu, Jean-Marc Darrigade. L'avocat de la défense s'est fermement opposé à la diffusion de la séquence, arguant que son client n'était pas poursuivi pour violence ni détention d'armes, et dénonçant une manœuvre déloyale pour justifier de lourdes réquisitions.
Le tribunal s'est retiré pour délibérer et a finalement donné raison à la défense, refusant la diffusion de la vidéo. Cependant, le parquet a poursuivi les investigations sur le téléphone du principal suspect, qui s'était auto-désigné comme le "Toto Riina de Cendras", en référence à l'ancien chef de la Cosa Nostra décédé en 2017.
Découverte d'une vidéo sordide et nouvelles accusations
Les gendarmes ont découvert la fameuse vidéo, tournée en juin 2025, qui a donné lieu à une nouvelle procédure. Les images, décrites comme particulièrement sordides, montreraient une connaissance des quatre suspects frappée à plusieurs reprises en raison de dettes de stupéfiants. Les mis en cause seraient parfaitement identifiables sur les enregistrements, et les coups portés ont occasionné des blessures importantes, justifiant le chef d'accusation de torture et actes de barbarie.
Placés en garde à vue depuis ce mardi, les quatre individus ont été présentés ce mercredi 18 février devant la juridiction nîmoise, qui a ouvert une information judiciaire. Tous ont été mis en examen, et dans la soirée, le juge des libertés et de la détention devait statuer sur leur placement en détention provisoire.
Cette affaire met en lumière les violences liées au trafic de stupéfiants dans la région, avec des méthodes brutales rappelant celles des organisations criminelles. Les autorités judiciaires restent vigilantes face à ces actes de barbarie, soulignant l'importance des preuves numériques dans les enquêtes contemporaines.



