Deepfake de Jean Reno : un père de famille ruiné par une escroquerie au trading
À Lyon, Pascal, un ingénieur de 50 ans, a perdu la somme colossale de 35 000 euros après avoir mordu à l’hameçon d’une fausse publicité mettant en scène Jean Reno. Ce dernier, évidemment, n’est pour rien dans cette sombre escroquerie qui a bouleversé une famille entière.
Une publicité trompeuse et des promesses fallacieuses
Pascal venait tout juste d’emménager à Lyon avec sa famille, avec le projet d’acheter une maison et, pour cela, de faire fructifier l’épargne familiale. C’est alors qu’en décembre 2022, une publicité mettant en scène Jean Reno, en réalité un deepfake, vantait les mérites d’une plateforme de trading. Le poisson mord à l’appât sans méfiance.
Une interface fictive affiche des profits spectaculaires et il place 250 dollars de départ. Les escrocs commencent presque toujours par une petite somme pour mettre la victime en confiance, alors que l’argent n’est jamais investi. Pascal mise ensuite 2 000 euros, puis 28 000 euros supplémentaires.
"Franchement, il m’a impressionné par sa connaissance des marchés", dit-il de son faux conseiller, illustrant la manipulation psychologique à l’œuvre.Le réveil brutal et les conséquences désastreuses
Jusqu’au jour où il tente un retrait. Impossible. Le "conseiller" évoque une taxe urgente à régler. Un doute s’installe enfin. C’est lorsque Pascal contacte la véritable plateforme d’échange où il avait transféré ses cryptomonnaies que tout s’effondre : "Les blockchains derrière sont vides. Il n’y a rien. Vous êtes en train de vous faire escroquer."
Les conséquences sont immédiates et dramatiques. La maison est hypothéquée, la famille est relogée dans un petit appartement. La honte ronge Pascal, qui confie : "Ce que j’avais envie de faire à ce moment-là, c’était me pendre."
La responsabilité de la banque en question
Pascal s’en prend aussi à sa banque. Des dizaines de milliers d’euros ont été transférés vers des plateformes crypto, sans qu’aucun conseiller ne l’alerte. "J’ai débloqué des sommes très importantes, d’un coup. Personne ne s’est inquiété." La banque, elle, botte en touche, arguant que les opérations ont été validées et authentifiées par le client.
Une décharge, que Le Progrès a pu consulter, le prévient pourtant noir sur blanc que "les placements peuvent se révéler être des escroquies." Un litige est en cours pour déterminer les responsabilités de l’établissement financier dans cette affaire.
Des perspectives peu optimistes pour récupérer les fonds
Pascal a déposé plainte et mandaté des spécialistes pour tenter de remonter la trace des fonds. Ses avocats sont pessimistes car retrouver les escrocs, et récupérer l’argent par la voie pénale, s’annonce très difficile, voire impossible.
Cette affaire souligne les dangers croissants des deepfakes et des arnaques en ligne, ciblant des particuliers vulnérables avec des techniques de manipulation sophistiquées.



