Dax : un père raconte son combat après l'assassinat de son fils
Dax : un père témoigne après l'assassinat de son fils

Un an après le drame, le père de Benoît témoigne

Onze mois après l'assassinat de son fils Benoît, le 31 mai 2025 à Dax, Thierry Vacelet raconte une année marquée par la douleur, la recherche de vérité et la lente construction d'un deuil qui se conjugue désormais avec un combat judiciaire. « C'est un cauchemar. Je suis brisé et détruit. J'ai l'impression qu'une partie de moi est morte ce jour-là », confie-t-il.

Un quotidien réorganisé autour de la survie

Dans ce « combat de tous les jours », ce père de 52 ans rappelle que la douleur ne se limite ni aux dates anniversaires ni aux cérémonies, mais s'installe dans chaque journée ordinaire. Au sein de la famille, chacun a sa manière de tenir le coup : « Mon épouse se réfugie dans les puzzles et la télévision, ma fille dans le sport et la musique », explique-t-il. Lui « garde le cap » grâce au sport et à l'intensification des démarches judiciaires et publiques. Un suivi psychologique aide également la famille. « On avance pour Benoît », résume-t-il.

Le portrait d'un garçon « plein de vie »

Quand il parle de son fils, Thierry Vacelet contient son émotion. Benoît était, selon lui, « plein de vie », passionné de sport et engagé au conservatoire de Dax. Il le décrit comme « respectueux », « discret », « bienveillant » et « curieux », peu porté sur la confrontation. Il se souvient notamment du jour où Benoît avait acheté un sandwich à un sans-abri dans le centre-ville. « C'était son tempérament », dit-il.

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La nuit du drame

Ce soir-là, Benoît regarde la finale de la Ligue des champions avec son père. Il décide ensuite de rejoindre des amis place de la Fontaine-Chaude. Peu après 23 heures, Thierry Vacelet reçoit un appel : « Viens vite, viens vite. Benoît a été agressé au couteau. C'est grave ! » Il se rend sur les lieux, puis à l'hôpital. Le personnel soignant lui assure que tout sera tenté, mais Benoît décède d'une hémorragie interne. « C'était la douche froide, on y croyait. J'ai levé les yeux au ciel, j'étais complètement abasourdi », confie-t-il.

Un hommage et une quête de vérité

L'hommage à Dax, le 6 juin 2025, a rassemblé plusieurs centaines de personnes. « Les poignées de mains, les embrassades, les petits mots nous ont fait beaucoup de bien », se souvient-il. Mais une frustration demeure : il ignore toujours les circonstances précises de l'agression. Cette quête de vérité nourrit sa prise de parole, tandis qu'il refuse que l'affaire tombe dans l'oubli.

Le combat judiciaire

Thierry Vacelet espère que l'auteur présumé, âgé de 16 ans au moment des faits, « soit jugé comme un majeur » et « qu'il prenne trente ans de réclusion criminelle ». « Je souhaite faire bouger les choses dans ce pays. Du combat de Benoît, j'en ai fait un combat général », déclare-t-il. Le mineur, qui avait volé une casquette à Benoît quelques jours plus tôt, est incarcéré à la maison d'arrêt de Pau, en attente de son procès prévu en 2027. « Après ce procès, je lèverai un peu le pied pour penser à moi. La vie est courte », confie le père, qui prépare une marche blanche à Dax le 6 juin 2026, suivie d'une soirée d'hommage pour les 19 ans de son fils. « Ce sera une soirée pour fêter la vie », conclut-il.

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