SOS Racisme a annoncé le dépôt de huit plaintes pénales pour des faits de discrimination fondés sur l'origine et la couleur de peau, dont cinq confiées au parquet de Nice. Les faits ont été constatés lors d'opérations de testing menées les 24, 25 et 26 juillet 2026 dans des établissements balnéaires et de nuit de Nice et Antibes, selon un communiqué de l'association.
Des pratiques discriminatoires documentées à Antibes et Nice
À Antibes, les militants ont relevé plusieurs dérives dans des établissements balnéaires, notamment le refus d'accès aux transats, un placement défavorable ou des conditions d'admission arbitraires appliquées selon l'origine perçue des clients. À Nice, un système de tarification différenciée a été mis au jour dans un établissement de nuit : un groupe « de clients perçus comme noirs » s'est vu imposer la réservation préalable d'une table à 200 euros pour entrer, tandis qu'un groupe témoin « perçu comme blanc » a pu accéder au lieu en payant uniquement le droit d'entrée habituel.
L'association affirme avoir constitué des dossiers rigoureux, réunissant pour chaque procédure la plainte, les démarches individuelles des victimes, les vidéos des opérations de testing, les attestations des témoins et observateurs, les photographies des groupes et l'ensemble des éléments matériels recueillis sur le terrain.
Une impunité dénoncée et des chiffres alarmants
Au-delà de ces cas, SOS Racisme déplore l'impunité quasi générale qui entoure ces pratiques, estimant que les discriminations demeurent « très insuffisamment sanctionnées en France ». L'association s'appuie sur le rapport 2025 de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), qui recense seulement huit condamnations pour discrimination sur l'ensemble de l'année 2024, après une année 2020 sans aucune condamnation, six en 2021, moins de cinq en 2022 et cinq en 2023.
L'organisation pointe également la réponse administrative et judiciaire face aux preuves apportées, regrettant que plusieurs plaintes fondées sur des opérations de testing, « pourtant étayées par des vidéos, des témoignages concordants et des éléments matériels probants, aient fait l'objet de classements sans suite ces dernières années ». Les cinq plaintes déposées auprès du parquet de Nice visent à obtenir des sanctions fermes pour ces discriminations, alors que l'association n'a pas encore confirmé si d'autres plaintes ont été déposées ailleurs en France.



