Crise Ligne d'Azur : les premières réactions syndicales et politiques
Crise Ligne d'Azur : réactions syndicales et politiques

La régie publique de transport de la Métropole de Nice, Ligne d'Azur, est secouée par une crise historique. Nos récentes révélations sur des salaires en or, des soupçons d'emplois fictifs, de cogestion politique et syndicale et de harcèlement moral font tanguer le paquebot. Élu président de la régie le 18 mai 2026, Bertrand Gasiglia a engagé le licenciement pour « insuffisance professionnelle » de la directrice générale, nommée en janvier 2025. En réponse, celle-ci a dénoncé publiquement des faits « susceptibles de relever d'infractions pénales. »

Des révélations qui secouent la régie

« Sa probité n'est pas en cause. Il y a, en revanche, de vrais problèmes de management », a initialement nuancé Bertrand Gasiglia, dans nos colonnes. Balayant les accusations de son ex-directrice, le président, qui s'exprime depuis par communiqués, affirmait alors : « Je n'ai pas eu connaissance qu'elle ait agi, alors qu'elle était en fonction depuis 2025, pour corriger d'éventuelles infractions. » Plusieurs audits ont été lancés. Le président a prévenu : « Comme Éric Ciotti le fait partout, nous traquerons toutes les fautes de gestion et les libéralités avec l'argent public sans trembler. »

La direction réfute les accusations

L'affaire fait grand bruit. Le syndicat Sud solidaires refuse de choisir un camp, mais exige le strict respect des droits des salariés et de la transparence : « Nous ne sommes ni juges, ni procureurs. Nous sommes des représentants du personnel. Notre responsabilité est d'écouter, de questionner, de vérifier et de défendre. » Sud solidaires s'interroge : « Quelles informations ont été transmises ? À quelles dates ? À quels responsables ? Sur quels sujets ? Et quelles suites leur ont été données ? », interroge le syndicat. La direction a diffusé une note interne dans laquelle elle réfute les accusations : « Pour la dette de congés. Cette provision de 10 millions d'euros est un usage classique. Seuls 2 % des agents dépassent les 200 jours accumulés. (…) Pour les accidents de travail. À 2,13 % en 2024 et 2,8 % en 2025, ils sont proches de la moyenne du secteur (2,5 % en 2025). Moins de 3,5 % des arrêts contrôlés ont été refusés depuis 2022. »

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Les réactions politiques

Politiquement, Julien Picot, conseiller municipal et métropolitain du Parti communiste français, s'indigne : « Quand il s'agit de 1 800 agents, de millions d'euros d'argent public et d'un service essentiel… La transparence n'est pas une option, c'est une obligation démocratique. » Il dénonce le « silence (des estrosistes) Philippe Pradal et de Gaël Nofri, qui ont dirigé la régie ». Julien Picot ajoute : « Il faut maintenant sortir de la culture du secret, des arrangements entre initiés et du chacun couvre son voisin. » Avant d'asséner : « Les responsabilités individuelles et politiques doivent être clairement établies. Les instances de contrôle doivent exercer pleinement leurs missions. La situation de la régie doit faire l'objet d'une information transparente devant les élus métropolitains. »

Le collectif citoyen ViVA !, associé à la France insoumise aux dernières élections municipales, exige de « garantir que l'ensemble des audits et contrôles engagés seront conduits avec une totale indépendance, que leurs conclusions seront rendues publiques ». Et d'ajouter : « Éric Ciotti, président de la Métropole, et Bertrand Gasiglia, président de la régie Ligne d'Azur, doivent répondre, rendre des comptes et agir. » Pour ViVA !, il faut protéger le personnel : « Nous exigeons également que les agents qui témoignent ou alertent puissent le faire sans pression ni représailles. »

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Un contrôle de gestion approfondi s'impose

Enfin, Jean-Christophe Picard a de nouveau saisi la chambre régionale des comptes le 26 août 2026. Le candidat Les Écologistes aux élections sénatoriales rappelle des précédents : « 285 000 euros d'indemnité versés à un ex-directeur de Ligne d'Azur en 2024, des perquisitions chez Parcs d'Azur en janvier 2025, et l'annulation du chantier Vauban pour favoritisme en juillet 2025. Un contrôle de gestion approfondi s'impose dans les régies publiques de la Métropole Nice Côte d'Azur. » Sollicités, ni les anciens présidents de la régie Ligne d'Azur (Philippe Pradal et Gaël Nofri), ni l'actuel président de la Métropole, Éric Ciotti, n'ont répondu à nos questions.