Incendie de Crans-Montana : les révélations accablantes sur le refus d'une mousse ignifuge
L'enquête judiciaire sur l'incendie tragique du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 personnes lors du Nouvel An, prend une tournure particulièrement grave. Les investigations se concentrent désormais sur la mousse acoustique inflammable qui a permis la propagation foudroyante des flammes. Selon des éléments versés au dossier, le couple de gérants, Jacques et Jessica Moretti, aurait sciemment refusé d'installer des matériaux ignifugés, principalement pour des raisons budgétaires.
Un témoignage d'entrepreneur accablant
Un entrepreneur ayant travaillé avec les Moretti en 2015 a déposé un témoignage accablant auprès des autorités judiciaires. Il affirme que le couple a explicitement refusé l'option d'un capitonnage avec mousse anti-feu, un choix qu'il qualifie de "négligence". Cette déclaration est corroborée par un courrier électronique échangé entre l'entreprise fournisseuse et les gérants, datant d'une semaine avant la catastrophe.
Dans cet échange, l'entreprise précise que les Moretti n'ont pas "retenu l'option avec un capitonnage avec une mousse anti-feu", une décision motivée selon elle par des "raisons budgétaires". L'entreprise se défend par ailleurs d'avoir vendu la mousse phonique hautement inflammable qui a finalement pris feu.
La propagation fulgurante des flammes
Les experts ont établi que lorsque la mousse acoustique a pris feu, il n'a fallu que 92 secondes pour que l'ensemble du bar Le Constellation soit entièrement embrasé. Cette rapidité de propagation explique en grande partie le bilan humain particulièrement lourd de cette tragédie, avec 41 décès et 115 blessés.
Les contradictions des Moretti
Face à ces accusations, le couple Moretti conteste fermement avoir pris cette décision pour des questions de budget. Cependant, l'enquête a mis au jour une facture de plus de 13 000 euros pour l'achat de la mousse phonique incriminée. Alors que les Moretti affirmaient l'avoir achetée en Suisse, il s'agirait en réalité d'une facture provenant d'un fournisseur allemand, document qui a été transmis à la justice par Jacques Moretti lui-même.
Le courrier du fournisseur révèle d'autres éléments troublants : les époux Moretti auraient expliqué ne pas être tenus de respecter la réglementation incendie en vigueur, affirmant pouvoir ouvrir leur établissement grâce à leurs relations dans la station suisse. Le mail mentionne également des propos violents attribués à Jacques Moretti, qui aurait menacé de "casser les jambes" du fournisseur pour avoir parlé trop directement à son épouse.
Un témoin réticent
L'entrepreneur a adressé un second courriel à la justice le 24 février 2026, dans lequel il explique avoir 62 ans, souffrir de problèmes cardiaques et avoir été "harcelé par 25 journalistes". S'il se dit surpris de ne pas avoir été entendu par les enquêteurs, il affirme désormais ne plus souhaiter l'être, manifestant une certaine réticence à poursuivre sa collaboration avec la justice.
Ces révélations jettent une lumière crue sur les possibles négligences qui auraient conduit à cette catastrophe. L'enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes dans cette tragédie qui a profondément marqué la station de Crans-Montana et au-delà.



