Un jeune majeur condamné à plus de cinq ans de prison après une course-poursuite dangereuse à Agde
Un homme de 18 ans a été condamné à cinq ans et quatre mois de prison par le tribunal correctionnel de Béziers, ce lundi 20 avril 2026, pour une course-poursuite impressionnante survenue le 10 mars dernier à Agde, dans l'Hérault. Sans permis et en état d'évasion, le conducteur a mis en danger de nombreuses personnes lors de cette fuite de près de 20 kilomètres, qui s'est terminée par un choc avec un véhicule de police, blessant deux agents.
Les faits : une fuite éperdue sous l'emprise de stupéfiants
Le 10 mars, le jeune homme, âgé à peine de 18 ans, a tenté d'échapper à une vingtaine de policiers municipaux et nationaux dans les rues d'Agde et aux alentours. Selon les dépositions des forces de l'ordre, une femme avec une poussette et un homme avec une trottinette ont failli être percutés pendant la course-poursuite. Le conducteur, sous l'emprise du cannabis et après avoir consommé du protoxyde d'azote, a finalement été mis en joue en direction de Marseillan. Dans une tentative désespérée, il a reculé contre un véhicule de la Brigade anticriminalité, causant des blessures à deux policiers.
À l'arrière du véhicule, plusieurs individus recherchés pour cambriolages, et condamnés depuis, étaient également présents. Le jeune homme, qui était en évasion depuis le 17 février après une condamnation criminelle de trois ans de prison pour violences avec une arme en 2025, a justifié ses actes par la panique, déclarant en garde à vue qu'il avait vu les policiers voulant l'arrêter car il n'avait pas sa ceinture de sécurité.
Le procès : entre excuses et réquisitions sévères
Devant le tribunal correctionnel de Béziers, le jeune majeur a reconnu les faits mais a alterné entre des excuses et des silences. Interrogé sur son comportement, il a admis : "C'était dangereux pour moi, mais aussi pour ceux qui étaient avec moi et les autres autour." Pour expliquer le choc avec les policiers, il a affirmé : "Je ne maîtrise pas bien, je n'ai pas fait exprès de caler et c'est pour ça que j'ai tapé en arrière." Concernant son absence à l'Unité éducative d'activités de jour de Montpellier, il a prétendu avoir envoyé un message pour prévenir d'un empêchement.
Le représentant du parquet de Béziers a réagi avec fermeté, soulignant : "Il a mis en danger tous ceux qu'il a croisés. Il n'a aucun respect pour la vie humaine." Il a requis quatre ans de prison pour mise en danger d'autrui, un an pour évasion, et une révocation de quatre mois d'un sursis précédent, ajoutant : "Quand on conduit comme un fou, il ne faut pas s'attendre à de l'indulgence."
La défense : un appel à la modération
L'avocate du jeune conducteur, Me Rebecca Smith, a tenté de tempérer les accusations, arguant d'un manque de maturité et de panique. Elle a déclaré : "Il est essentiel de ne pas tomber dans le sensationnalisme. Bien évidemment qu'il a paniqué, quand on a un revolver pointé vers soi, c'est humain." Elle a également contesté certains éléments, comme l'absence de déposition de la femme avec poussette et les contradictions avec la vidéosurveillance.
Cependant, le tribunal n'a pas retenu ces arguments et a prononcé une peine totale de cinq ans et quatre mois de prison. Les autorités ont souligné que les choses auraient pu finir bien plus dramatiquement, rappelant les risques encourus par les piétons et les forces de l'ordre lors de tels incidents.
Cet épisode met en lumière les dangers de la conduite sans permis et sous influence, ainsi que les conséquences judiciaires sévères pour les comportements mettant en péril la sécurité publique.



