Nîmes : un coup de couteau de chasse dans la fémorale faillit être fatal lors d'une rixe
Coup de couteau de chasse à Nîmes : un homme frôle la mort

Une altercation mortelle pour un simple regard à Nîmes

Une violente rixe survenue le 18 mars 2025 près d'une épicerie de la rue de la République à Nîmes a failli coûter la vie à un jeune homme. L'affaire, jugée ce jeudi, a révélé des faits d'une extrême gravité où un coup de couteau de chasse a sectionné l'artère fémorale de la victime.

Une soirée qui tourne au drame

"De base, on est partis pour acheter des boissons et des cigarettes", a témoigné la victime lors de l'audience. Ce qui devait être une simple course a dégénéré en une altercation mortelle. Selon les éléments du dossier, l'origine de la bagarre serait un simple "mauvais regard" échangé entre jeunes gens.

La scène s'est déroulée en deux temps : un premier épisode de coups a été suivi d'un second bien plus grave. L'agresseur est revenu avec un couteau de chasse de plus de 20 centimètres de long, normalement destiné à dépecer du gibier. L'arme a été plantée dans la cuisse de la victime, touchant l'artère fémorale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une intervention chirurgicale urgente

Le pronostic vital a immédiatement été engagé. La victime, transportée en urgence au CHU de Nîmes, a subi une intervention chirurgicale d'extrême urgence. Le couteau est resté dans la cuisse pendant le transport, compliquant encore la situation. Les pertes de sang étaient considérables, nécessitant une transfusion massive.

"Rien qu'à son regard, ça se voyait qu'il voulait me mettre un coup de couteau", a déclaré la victime au tribunal. "Je voulais pas garder le couteau en moi, je l'ai enlevé. Ensuite c'est le trou noir."

Une tenue suspecte et des antécédents troublants

Lors de l'audience, le président Reynes a souligné des éléments inquiétants. L'un des prévenus était présent sur les lieux avec "une tenue non conventionnelle, vêtue de noir, avec une cagoule noire". Cet individu, surnommé "la lame" selon l'avocat de la partie civile, Me Marc Roux, aurait agi de manière préméditée.

Le magistrat a également évoqué les antécédents pénaux des accusés. L'un d'eux était déjà incarcéré pour une affaire de trafic de drogue, tandis qu'un autre était en détention provisoire pour des faits similaires. Ces éléments ont pesé lourd dans la qualification des faits.

Un procès en double duplex

L'audience s'est déroulée dans des conditions particulières avec un double duplex vidéo. Deux prévenus comparaissaient depuis deux prisons différentes, tandis que deux autres étaient présents physiquement dans la salle d'audience. Cette configuration inhabituelle témoigne de la complexité du dossier.

Me Roux, l'avocat de la partie civile, a insisté sur le caractère préparé de l'agression : "Quand on utilise un couteau de chasse sur un humain, on connaît les conséquences. Il ne laisse aucune chance à celui-ci."

Des séquelles psychologiques durables

La victime, qui travaillait dans l'épicerie où s'est déroulée une partie des faits, subit encore aujourd'hui de graves séquelles psychologiques. "À une certaine heure, je ne sors plus de chez moi", a-t-elle confié au tribunal. Elle revit régulièrement la scène de l'agression et souffre d'angoisses profondes.

Ces éléments ont été pris en compte par le parquet qui a requis des peines sévères contre les auteurs des faits.

Le verdict du tribunal

Après de longues délibérations, le tribunal a rendu son verdict. Le parquet avait requis six ans de prison contre l'auteur principal du coup de couteau, mais le tribunal a été plus sévère. Evan B. a été condamné à sept ans de prison ferme, soit un an de plus que les réquisitions.

Pour les complices, les peines ont été différenciées :

  • Un homme suspecté d'avoir accompagné l'agression a écopé de quatre ans de prison dont trois avec sursis probatoire
  • Un autre a été condamné à deux ans avec sursis probatoire
  • Deux hommes ont été relaxés, faute de preuves tangibles selon le tribunal

Les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe pour certains de leurs clients, estimant que les preuves étaient insuffisantes. D'autres avaient argué que les peines requises étaient disproportionnées par rapport aux faits.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Ce verdict met fin à une procédure judiciaire complexe qui a mis en lumière la dangerosité des armes blanches et les conséquences dramatiques d'une simple altercation entre jeunes.