Un habitant de La Grand-Combe a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel d'Alès pour des messages jugés haineux diffusés sur les réseaux sociaux. Il écope d'un stage de citoyenneté et d'une amende de 500 euros. Les faits remontent à mai 2025, lorsque le préfet du Gard a signalé au parquet d'Alès des publications considérées comme menaçantes, incluant des paysages en feu illustrant des destructions en Israël et des commentaires violents.
Des messages jugés provocateurs
Les policiers ont identifié l'auteur, un homme bien connu dans la commune pour son implication associative et politique. Lors de l'audience, le prévenu a déclaré : "J'ai posté ça en réaction. Je n'ai de haine contre personne. Je ne comprends pas les réactions que ça a provoquées." Le tribunal a lu certains de ses messages : "Ils veulent la guerre ? Ils vont pas tarder à l'avoir. Nous aussi on peut la faire. La politique en France, c'est de traquer les musulmans comme du gibier." Des photos d'armes de poing ont également été publiées, ce que le prévenu conteste : "Les messages, d'accord, mais je n'ai jamais mis ces photos. J'ai tout enlevé quand j'ai vu les réactions. Je me suis excusé."
Le contexte du meurtre d'Aboubakar Cissé
L'avocat du prévenu, Me Guillaume Garcia, a expliqué que son client avait réagi après le meurtre d'Aboubakar Cissé, poignardé à mort à la mosquée de La Grand-Combe. Il n'avait pas compris pourquoi la maire de la commune n'avait pas participé à la marche blanche et avait préféré rencontrer le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. Selon l'avocat, cette rencontre a généré des tensions. "Mon client n'a rien fait et on est venu chercher un délit", a-t-il plaidé.
La réquisition du parquet
Le représentant du ministère public, Quentin Larroque, a estimé que les faits étaient constitués : "Les termes sont clairs. La provocation publique à la guerre, à la haine est manifeste. Nous n'avons cependant pas affaire avec un délinquant d'habitude. Une simple peine d'avertissement est nécessaire : 4 mois de prison avec sursis et 1 000 euros d'amende." Le tribunal a finalement prononcé un stage de citoyenneté et une amende de 500 euros.
Impact local
Cette affaire a ravivé les tensions à La Grand-Combe, où l'absence de l'ancienne maire à la marche blanche avait déjà créé des remous. La condamnation vise à rappeler les limites de la liberté d'expression en ligne, surtout dans un contexte de deuil et de tensions communautaires.



