Brantôme-en-Périgord honore les victimes du massacre nazi de mars 1944
Jeudi 26 mars, la municipalité de Brantôme-en-Périgord et plusieurs associations mémorielles ont organisé une cérémonie solennelle pour commémorer le massacre de quarante résistants et victimes juives par la division SS Brehmer. Cet événement tragique s'est déroulé les 26 et 27 mars 1944 sur le territoire de Brantôme, marquant profondément l'histoire de la Résistance en Périgord pendant les heures sombres de l'Occupation allemande en Dordogne.
Une cérémonie empreinte de solennité et de recueillement
Les commémorations ont débuté sur la commune de Saint-Crépin-de-Richemont avant de se poursuivre sur la commune déléguée de Cantillac. La cérémonie s'est déroulée en présence du maire Frédéric Vilhes, du sous-préfet Benoît Legrand, de nombreux élus locaux et de membres actifs d'associations mémorielles dédiées à la préservation de la mémoire historique.
Le protocole traditionnel de dépôt de gerbes a été assuré avec dignité par les porte-drapeaux, sous la direction attentive de Paul Laborie, président de l'Union périgourdine des anciens combattants. Il était accompagné dans cette tâche par Jean-Pierre Grolhier, président de l'Anacr de Thiviers, qui a apporté un éclairage historique précieux sur le déroulement exact de ces événements tragiques.
Hommage aux lieux de mémoire et aux victimes
La cérémonie s'est prolongée par plusieurs dépôts de gerbes devant les monuments commémoratifs dispersés sur le territoire de Brantôme-en-Périgord. Les participants se sont d'abord recueillis devant la plaque dédiée à Maxime Mazière, puis devant les autres stèles, plaques et tombes qui rappellent le sacrifice des victimes.
Le point culminant de la commémoration a été l'hommage rendu au monument des fusillés de Besse des Courrières, situé aux portes de la ville. Ce lieu symbolique conserve la mémoire des vingt-cinq hommes exécutés ce jour-là par les forces nazies.
Un appel à la réflexion et au travail de mémoire
Le maire Frédéric Vilhes, dans son allocution, a rappelé avec émotion les faits précis de cette tragique journée du 26 mars 1944. Il a rendu hommage à toutes les victimes du Sipo-SD, plus communément appelé « Gestapo », et de la sinistre phalange nord-africaine de la division SS Brehmer.
Cette unité militaire allemande a laissé derrière elle, lors de son passage en Dordogne, une traînée de sang et de souffrance qui marque encore la mémoire collective de la région. Parmi les quarante victimes du massacre, vingt-deux étaient des juifs persécutés pour leur origine, tandis que les autres étaient des résistants engagés dans la lutte contre l'occupant nazi.
Pour l'édile de la commune, cette cérémonie annuelle dépasse largement le simple cadre commémoratif. « Elle est aussi et peut-être avant tout un moment de réflexion sur notre passé, sur l'évolution de notre société, sur nous-mêmes, sur nos actes », a déclaré Frédéric Vilhes devant l'assistance recueillie.
Le maire a poursuivi en insistant sur l'importance du travail de mémoire : « Regarder notre histoire, c'est aussi reconnaître que d'autres firent des choix contraires et participèrent à la traque des résistants et des juifs. Aujourd'hui, comme chaque jour, nous devons nous souvenir et faire un véritable travail de mémoire ».
La transmission de l'histoire aux générations futures
Cette commémoration annuelle s'inscrit dans une démarche plus large de transmission de la mémoire historique aux jeunes générations. Les associations mémorielles présentes, dont l'Union périgourdine des anciens combattants et l'Anacr de Thiviers, jouent un rôle essentiel dans cette mission éducative.
Leur présence active lors de ces cérémonies garantit que les détails historiques précis des événements de mars 1944 ne tombent pas dans l'oubli. Leur travail de recherche et de documentation permet de maintenir vivante la mémoire des quarante martyrs de Brantôme, dont les noms et les visages doivent continuer à être honorés.
La municipalité de Brantôme-en-Périgord, sous l'impulsion de son nouveau maire Frédéric Vilhes, s'engage ainsi à perpétuer ce devoir de mémoire essentiel pour comprendre les mécanismes qui ont conduit à ces tragédies et pour construire une société plus vigilante face aux dangers de l'extrémisme et de l'intolérance.



