Commémoration à Fanlac : le souvenir des 320 militants internés au château du Sablou en 1940
Commémoration des 320 militants internés au château du Sablou en 1940

Une cérémonie du souvenir pour honorer les militants internés en 1940

Ce samedi 4 avril, à Fanlac en Dordogne, une cérémonie empreinte d'émotion a rassemblé les associations d'anciens combattants, résistants, déportés, internés et emprisonnés politiques devant la stèle du souvenir. Érigée en avril 1990, cette stèle commémore un épisode sombre de l'histoire française : l'internement de 320 militants communistes et syndicalistes au château du Sablou en janvier 1940.

Le contexte historique de l'internement

Au début de l'année 1940, avant même l'invasion allemande, les autorités françaises ouvrirent un camp d'internement au château du Sablou à Fanlac. Le 17 janvier 1940, près de 320 contestataires - dont 18 Périgourdins - furent qualifiés « d'indésirables et dangereux » et internés par le gouvernement français. Ces militants politiques, syndicalistes et antifascistes, surveillés pour délit d'opinion, s'étaient levés pour défendre les valeurs de démocratie, de paix et de liberté.

Cette répression s'inscrivait dans un contexte plus large. En 1936, le Front populaire avait engagé un vaste programme de réformes sociales incluant l'augmentation des salaires, la loi des 40 heures hebdomadaires de travail, les congés payés et la garantie des libertés syndicales. Ces mesures dérangeaient profondément le grand patronat et les banques qui s'y opposaient activement.

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Des conditions de vie difficiles suivies de déportation

Les militants internés au camp du Sablou subirent des conditions de vie extrêmement difficiles. Leur seul crime était d'avoir défendu des idéaux démocratiques et sociaux. Le gouvernement de l'époque cherchait à les faire taire, les qualifiant d'indésirables pour leurs opinions politiques.

Leur calvaire ne s'arrêta pas là. Le 31 décembre 1940, ces hommes furent déportés vers des camps en Algérie ou ailleurs, subissant un exil forcé loin de leur terre natale. Cet épisode reste une tache sombre dans l'histoire des libertés en France.

Une cérémonie rassemblant élus et associations

La cérémonie de commémoration a réuni plusieurs associations importantes : l'Ardiep, l'AFMD, l'Arac, les FTPF, l'Anacr et la Fnaca, représentant diverses sections de la Dordogne. Vianney Le Vacon, représentant du Parti communiste, était également présent.

Nicole Rouffinaud, présidente de l'Arac, a assuré les présentations. Le maire Christophe Reynaud, tout fraîchement élu, a salué les représentants des diverses associations et les élus présents, dont la sénatrice Marie-Claude Varaillas ainsi que les deux conseillers départementaux Florence Gauthier et Christian Teillac.

La plupart des participants se sont exprimés lors de courtes allocutions avant la traditionnelle cérémonie et le dépôt de gerbe. Ces prises de parole ont rappelé l'importance de la mémoire historique et la nécessité de ne jamais oublier ces épisodes où les libertés fondamentales furent bafouées.

Cette commémoration annuelle sert non seulement à honorer la mémoire des victimes, mais aussi à rappeler aux générations actuelles et futures les valeurs de démocratie, de paix et de liberté pour lesquelles ces militants se sont battus, souvent au prix de leur liberté et de leur dignité.

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