4 mars 1963 : la collision fatale de trois bombardiers B-26 dans les Landes
Le 4 mars 1963, une tragédie aérienne frappe les Landes. Trois bombardiers bimoteurs B-26, portant les numéros 228, 521 et 953, décollent de leur base de Cazaux, en Gironde, pour un vol d'entraînement. Après avoir effectué un plein complet d'essence garantissant une autonomie de douze heures, les appareils s'envolent. Peu après, deux explosions retentissent, marquant le début d'une catastrophe qui coûtera la vie à cinq aviateurs.
Les équipages et le déroulement du drame
Les équipages étaient composés de militaires expérimentés. À bord du B-26 numéro 228 se trouvaient le lieutenant Eblé, le sergent-chef Gouéry et le sergent Truchon. Le 521 comptait le capitaine Saint-Paul, le sous-lieutenant Allemang et le sergent-chef Ertelé. Enfin, le 953 transportait le lieutenant Le Chapelain, le sous-lieutenant Gauthier, le sergent-chef Quarin et le sergent Liékeno.
Les trois avions naviguaient de concert lorsqu'à 8 h 10, à une altitude de 1 500 mètres au-dessus des communes de Trensacq, Commensacq, Liposthey, Saugnac-et-Muret et Moustier, ils entrent en collision. L'accident survient probablement lors d'un exercice de changement de formation en vol de groupe, bien que les causes exactes restent hypothétiques à ce stade.
Les points d'impact et les secours
Les bombardiers s'abattent à différents endroits. Le 228 percute un bois de pins près de Trensacq, créant un cratère de quinze mètres de diamètre et déclenchant un incendie sur 4 à 5 hectares. Le 521 s'écrase dans une forêt de pins à Commensacq, tandis que le 953 tente un atterrissage forcé sur une lande rase à Moustey-Saugnac-et-Muret.
Les secours s'organisent rapidement sous l'impulsion des autorités locales, notamment M. Fabre, maire de Trensacq. La population se mobilise avec dévouement, aidée par les brigades de gendarmerie, les pompiers forestiers et les hélicoptères de la base de Cazaux. Les témoins décrivent une vision apocalyptique, avec des forêts en flammes et des débris éparpillés sur un kilomètre.
Bilan humain et témoignages
Le bilan définitif est lourd : cinq morts et cinq blessés. À Trensacq, le lieutenant Eblé périt dans l'explosion, tandis que le sergent-chef Gouéry, blessé, est évacué par hélicoptère à Bordeaux. Le sergent Truchon, dont le parachute s'est mis en torche, est retrouvé mort. À Commensacq, le capitaine Saint-Paul et le sous-lieutenant Allemang décèdent, mais le sergent Ertelé survit après avoir sauté en parachute. Pour le 953, seul le sous-lieutenant Gauthier est tué ; les trois autres occupants s'en sortent avec des blessures.
Le sergent-chef Gouéry, rescapé, raconte : « Nous volions en formation. Alors que nous traversions une épaisse couche de nuages, je sentis un violent choc. Notre appareil étant désemparé, le commandant de bord donna l'ordre de sauter. » Son témoignage poignant illustre la soudaineté du drame.
Hommage et enquête
Dans l'après-midi, un hommage touchant est rendu à Trensacq lorsque un hélicoptère Sikorsky vient chercher le corps du lieutenant Eblé. Les travailleurs forestiers, immobiles et le béret à la main, saluent la dépouille du pilote. Les autorités militaires et policières, dont le colonel Bribarre et le commissaire Fons, se rendent sur place pour enquêter et visiter les zones sinistrées.
Cette catastrophe aérienne du 4 mars 1963 reste gravée dans la mémoire collective des Landes, rappelant les risques inhérents aux vols d'entraînement et le courage des secours et des populations locales face à l'adversité.



