Var : un collégien de 14 ans mis en examen pour avoir poignardé sa professeure
Collégien de 14 ans mis en examen pour poignardage de professeure

Un drame scolaire dans le Var : l'élève de 14 ans mis en examen

Un adolescent de 14 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi 5 février 2026, après avoir poignardé sa professeure d'arts plastiques dans un collège de Sanary-sur-Mer, dans le Var. L'élève, qui fréquente le collège La Guicharde, a reconnu les faits lors de sa garde à vue, expliquant avoir agi par vengeance après plusieurs signalements disciplinaires de la part de l'enseignante.

Les détails de l'agression préméditée

Selon le procureur de Toulon, Raphaël Balland, le jeune homme a utilisé un couteau Opinel doté d'une lame de 12 centimètres pour infliger quatre blessures à sa professeure : trois au niveau de l'abdomen et une à l'avant-bras gauche. L'agression s'est produite lors d'une pause en classe, mardi 3 février. L'adolescent avait pris le couteau le matin même dans sa cuisine, avec l'intention délibérée de « planter » l'enseignante, motivé par une haine accumulée.

Il estimait que sa professeure avait été injuste en relevant plusieurs incidents disciplinaires à son encontre ces dernières semaines. Le logiciel Pronote indique dix incidents le concernant depuis la rentrée de septembre, dont la moitié émanant de cette enseignante, allant de l'oubli de matériel à des propos irrespectueux envers d'autres professeurs.

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L'état de santé préoccupant de la victime

La victime, une enseignante en poste au collège La Guicharde depuis 28 ans, a subi des blessures graves. Son pronostic vital reste engagé, selon les déclarations du procureur. Les médecins se montrent réservés quant à son évolution, soulignant la gravité de la situation. Cette agression a plongé la communauté éducative dans un profond traumatisme, suscitant une vive émotion dans la région.

Le profil de l'agresseur et le contexte familial

L'adolescent, décrit par ses parents comme « calme et gentil », est un adepte des jeux vidéos, qu'il pratique environ une à deux heures par jour. Il possède plusieurs armes blanches dans sa chambre, trouvant cela « stylé ». Son cadre familial est compliqué : des mesures d'assistance éducative avaient été ordonnées par un juge des enfants après des signalements de violences présumées commises par les parents sur sa petite sœur, avec prescription d'une thérapie familiale.

Quelques jours avant l'agression, l'élève avait effectué des recherches sur Internet concernant les risques judiciaires encourus par un mineur qui tuerait sa professeure. Après les faits, il a exprimé une haine envers lui-même, selon ses propres dires. Son avocate, Margaux Albertini-Loiseau, a souligné que son client était préoccupé par le sort de la victime, espérant qu'elle survive.

Les conséquences judiciaires et les mesures prises

Étant mineur de moins de 16 ans, l'adolescent encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle s'il est jugé pour ces faits, et non la perpétuité. En réponse à ce drame, les cours ont repris de manière aménagée jeudi à Sanary-sur-Mer, avec un accueil échelonné par niveau. Une cellule psychologique a été mise en place dès mercredi pour soutenir les élèves et le personnel éducatif, et restera ouverte le temps nécessaire.

Un contexte national alarmant

Cette agression intervient dans un contexte où les signalements d'armes blanches en milieu scolaire ont bondi de 15 % sur un an en France, selon des données gouvernementales de février 2025. Des contrôles aléatoires de sacs aux abords des collèges et lycées ont été instaurés, permettant la découverte de 525 armes blanches lors de 12 000 contrôles entre mars et décembre 2025.

Parallèlement, des mesures législatives sont envisagées pour réduire la violence, comme l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, proposée dans une loi adoptée fin janvier à l'Assemblée nationale. Des initiatives sur la santé mentale dans les établissements scolaires ont également été annoncées, visant à améliorer le repérage et la prise en charge des problèmes psychologiques.

Ce tragique événement soulève des questions cruciales sur la sécurité et le bien-être dans les écoles, appelant à des réponses qui dépassent le seul cadre sécuritaire pour inclure des dimensions éducatives et sociales.

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