Le tribunal correctionnel de Monaco a condamné, vendredi 26 juin 2026, un chauffeur livreur cannois de 22 ans à deux ans de prison ferme pour transport et livraison de stupéfiants en état de récidive légale, ainsi que pour blanchiment du produit de ce trafic. Lamine Mohammad F. avait été interpellé trois jours plus tôt, peu avant 3 heures du matin, par une patrouille de la Sûreté publique monégasque.
Une arrestation nocturne et des preuves accablantes
Lors du contrôle, le jeune homme, qui ne possédait pas les papiers du véhicule (lequel n'était pas le sien), a fait l'objet d'une palpation de sécurité. Les policiers ont découvert deux sachets en plastique : l'un dans une poche de son pantalon, l'autre dans son caleçon. Au total, ils contenaient 21 pochons conditionnés de cocaïne, soit 18 grammes de stupéfiant. Les forces de l'ordre ont également saisi deux téléphones portables et 440 euros en espèces.
En garde à vue, le mis en cause a exercé son droit au silence et s'est montré arrogant envers les enquêteurs. Devant le tribunal, le président Florestan Bellinzona a rappelé les éléments accablants issus de la vidéoprotection : « Sur les images, on vous voit déposer quelqu'un non loin du Sass' Café, qui rentre dans l'établissement, fonce instantanément aux toilettes pour en ressortir dans un état radicalement différent. »
Des SMS révélateurs d'un trafic organisé
L'analyse des téléphones du prévenu a révélé des échanges éloquents : des numéros à contacter, des adresses, des dates, des quantités et des valeurs. Un SMS en particulier montrait que Lamine Mohammad F. avait informé un client qu'il ne pourrait pas effectuer une livraison parce qu'il s'était fait passer à tabac — ce qui expliquait les ecchymoses sur son visage. « On voit que tout cela parle de trafic de stupéfiants, de livraisons, de clients à livrer », a souligné le président. Le prévenu a nié en bloc : « La cocaïne, je la garde pour un copain. Je n'ai jamais vendu de drogue à Monaco. Je ne suis pas un trafiquant ! Je suis une personne qui travaille. »
Face à ces dénégations, le magistrat a rétorqué : « Alors, c'est quoi tout cela dans votre téléphone ? », provoquant un long silence du prévenu. Le premier substitut du procureur général, Frédéric Cousin, a requis deux ans de prison ferme avec maintien des effets du mandat d'arrêt, une interdiction de séjour à Monaco pendant dix ans et la confiscation des scellés. « On sait que dans le milieu du stup', il ne faut pas apparaître comme une balance. Mais en prenant des magistrats pour des idiots, vous empirez votre situation. C'est votre droit de garder le silence, de mentir. Mais on a aussi le droit de ne pas vous croire. Vous êtes évidemment un trafiquant et êtes venu ici pour faire une ou plusieurs livraisons », a martelé le représentant du ministère public.
La défense plaide la relaxe partielle
L'avocat du prévenu, Me Xavier-Alexandre Boyer, a plaidé pour une peine plus clémente : « Mon client reconnaît la détention de stupéfiants mais aucun élément ne vient démontrer un acte de cession à Monaco. On ne sait pas ce qu'il se passe dans le véhicule, ni dans les toilettes du Sass' Café. Quant à l'argent retrouvé, il n'en avait pas connaissance. » Il a souligné que son client était « inséré professionnellement, a une petite amie, des projets de mariage » et a réclamé la relaxe pour les faits de blanchiment et de trafic de stupéfiants. Le tribunal, après délibéré, a suivi les réquisitions du parquet en tous points : deux ans de prison ferme, maintien des effets du mandat d'arrêt, interdiction de séjour de dix ans à Monaco, confiscation des scellés, et une peine complémentaire de 5 000 euros d'amende. Le prévenu, déjà condamné deux fois pour trafic de stupéfiants en France et incarcéré plusieurs mois en 2023 et 2024, retourne donc en prison.



