Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a exprimé mardi son « effroi » après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un ancien responsable sportif, piégé par une fausse adolescente générée par intelligence artificielle, fait des avances à la jeune fille virtuelle. L'homme, âgé d'une soixantaine d'années, a été reconnu par des internautes et s'est présenté spontanément au commissariat où il a été placé en garde à vue, selon L'Est Républicain.
Un piège tendu par un chasseur de prédateurs
Dans la vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, l'homme, vêtu d'un tee-shirt gris et assis dans un canapé, propose à l'adolescente virtuelle de l'« emmener au Parc » (Parc des Princes). Il lui demande : « Est-ce que je pourrais t'embrasser par exemple ? » La jeune fille, dont la voix est modifiée, est en réalité contrôlée par un internaute connu sous le pseudonyme Finnyzyy0, dont le compte TikTok spécialisé dans la traque des prédateurs sexuels compte 154 000 abonnés.
Lorsque la fausse adolescente lui répond : « Imagine que tu as 14 ans, mets-toi à ma place », le sexagénaire insiste : « Est-ce que ça te ferait envie d'abord ? » Plus tard, il lui demande de mentir à ses parents pour le rejoindre, affirmant qu'il n'est « plus marié » et qu'il « fait comme il veut ».
Un passé judiciaire lourd
L'homme identifié est un ancien directeur départemental de l'Union nationale des sports scolaires (UNSS) de Haute-Saône. Il avait déjà été condamné en janvier 2025 à 18 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pour détention d'images pédopornographiques. En mars 2020, il avait été placé en détention provisoire après que des lycéennes eurent dénoncé des messages inappropriés via le compte Instagram de l'UNSS 70. Du matériel pédopornographique avait été retrouvé sur son ordinateur.
Réactions et signalement
Dans un communiqué, le CNOSF a fait part de son « effroi » et a rappelé sa « position de tolérance zéro face à tout comportement pouvant relever de violences sexuelles sur mineurs ». L'association 211 Organisation, qui lutte contre la pédocriminalité et dont Finnyzy ferait partie, a annoncé qu'elle allait effectuer un signalement au procureur de la République.



