Le 23 juin 2026, un homme de 57 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir harcelé et menacé des participants de la célèbre chasse au trésor de la Chouette d'Or. L'affaire, qui a débuté en 2022, met en lumière les tensions croissantes au sein de cette communauté de passionnés.
Les faits reprochés
Selon l'accusation, le prévenu, un détracteur virulent de la chasse au trésor, aurait envoyé des messages menaçants et insultants à plusieurs joueurs via les réseaux sociaux et des forums dédiés. Il est également accusé d'avoir diffusé des informations personnelles sur certains participants, une pratique connue sous le nom de doxing. Les victimes, qui ont déposé plainte, ont témoigné de l'impact psychologique de ces actes.
L'avocat des parties civiles a déclaré : « Ces attaques ont créé un climat de peur parmi les participants, certains ayant même cessé de chercher la chouette par crainte de représailles. » Le prévenu, de son côté, a nié les faits, affirmant qu'il s'agissait de simples critiques dans le cadre d'un débat passionné.
Une communauté sous tension
La Chouette d'Or, lancée en 1993 par l'écrivain Max Valentin, est une chasse au trésor qui consiste à résoudre onze énigmes pour trouver une chouette en or enfouie quelque part en France. Le trésor est estimé à 150 000 euros. Depuis plus de trente ans, des milliers de « chouetteurs » s'affrontent pour percer le mystère, mais les relations se sont tendues ces dernières années.
Des rivalités personnelles et des accusations de tricherie ont émergé, alimentées par l'absence de solution officielle. En 2024, une pétition avait même circulé pour demander la fin de la chasse, jugée « trop longue et source de conflits ». Le procès actuel illustre ces dérives : selon les enquêteurs, le prévenu aurait ciblé des joueurs qu'il accusait de propager de fausses solutions.
Un procès suivi de près
L'audience, qui s'est tenue à Paris, a attiré une vingtaine de chouetteurs venus soutenir les victimes. Le tribunal doit se prononcer sur les charges de harcèlement moral, menaces de mort et violation de la vie privée, passibles de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Le délibéré sera rendu le 15 juillet 2026.
Ce procès intervient alors que la chasse au trésor reste non résolue, alimentant les spéculations. Pour certains, il s'agit d'un signal fort : « La passion ne justifie pas la haine », a commenté un participant sous couvert d'anonymat. L'affaire pourrait inciter les organisateurs à renforcer la modération des forums officiels.



