Un coup de grisou survenu vendredi soir dans une mine de charbon du nord-est de la Chine a causé la mort d'au moins 90 mineurs, ce qui en fait le pire accident minier dans le pays depuis dix-sept ans. Samedi, les autorités chinoises ont promis de punir « sévèrement » les responsables et ont ordonné une répression nationale des activités minières illégales.
Que s'est-il passé ?
L'explosion s'est produite vendredi soir dans la mine de charbon de Liushenyu, située à environ 500 kilomètres au sud-ouest de Pékin, dans la province du Shanxi, une région majeure pour l'exploitation du charbon en Chine. Il s'agit d'un « coup de grisou », un phénomène qui se produit lorsque le méthane dégagé par le charbon s'accumule en raison d'une ventilation insuffisante et entre en contact avec une flamme ou une étincelle.
Un mineur blessé, Wang Yong, a raconté à la chaîne CGTN avoir vu « un nuage de fumée » et senti une odeur de soufre. Avant de perdre connaissance, il a vu des personnes suffoquer à cause de la fumée. « Je suis resté allongé pendant environ une heure, puis je me suis réveillé tout seul. J'ai appelé les personnes à côté de moi et nous sommes sortis ensemble de la mine », a-t-il déclaré, selon CCTV.
Combien de victimes ?
Au total, 247 mineurs se trouvaient dans la mine au moment de l'explosion. Selon la télévision d'État CCTV, au moins 90 mineurs sont morts et 123 autres ont été transportés à l'hôpital, dont quatre dans un état grave ou critique. Trente-trois mineurs avaient pu rentrer chez eux samedi à 14 heures (8 heures en France). Les services d'urgence et de santé ont déployé 755 personnes sur le site, où des secouristes casqués transportent des brancards et de nombreuses ambulances sont à la recherche d'éventuels survivants sous les décombres.
Le président chinois Xi Jinping a exhorté à mobiliser « tous les moyens » pour soigner les blessés.
Qui est responsable ?
Selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle, le gouvernement a lancé une enquête « intransigeante » après l'explosion survenue dans cette mine « appartenant au groupe Shanxi Tongzhou ». « Les personnes reconnues responsables seront sévèrement punies conformément aux lois et règlements en vigueur », ont assuré les autorités. L'agence a également indiqué qu'une personne « responsable » de l'entreprise impliquée dans l'explosion avait été « placée sous contrôle en vertu de la loi ».
À l'échelle nationale, Pékin a ordonné une campagne de répression contre les activités minières illégales. « Toutes les régions et autorités compétentes sont tenues de mener des opérations de répression sévères contre les activités illégales et illicites, et d'enquêter et de sanctionner rigoureusement » les responsables, a précisé Chine nouvelle. Xi Jinping a déclaré que « toutes les régions et départements doivent tirer les leçons de cet accident, rester constamment vigilants en matière de sécurité au travail et prévenir et endiguer résolument la survenue d'accidents majeurs et de catastrophes ».
Des précédents ?
Les accidents dans les mines de charbon, dont la Chine est le premier consommateur mondial, sont fréquents. Il s'agit du plus meurtrier depuis novembre 2009, quand un coup de grisou dans une mine du Heilongjiang (nord-est) avait fait 108 morts. La sécurité dans les mines chinoises s'est améliorée au cours des dernières décennies, tout comme la couverture médiatique des incidents majeurs, dont beaucoup étaient autrefois passés sous silence. Cependant, les accidents restent fréquents dans un secteur où les protocoles de sécurité sont souvent laxistes.
En février 2023, l'effondrement d'une mine de charbon à ciel ouvert en Mongolie intérieure (nord) avait fait 53 morts. Des dizaines de personnes et de véhicules avaient été ensevelies. La Chine, première émettrice mondiale de CO2, est la plus grosse consommatrice de charbon, ressource qu'elle considère comme une solution fiable face à l'approvisionnement intermittent des énergies renouvelables. Les seules mines de charbon y emploient plus de 1,5 million de personnes.



