Il lui aura fallu huit ans pour comparaître pour cette affaire. Devant le tribunal correctionnel de Paris ce mardi 12 mai, Sophia Chikirou, députée LFI de Paris, ne vacille pas. « J’ai bien fait ces chèques au 13 juillet 2018 en disant que, dès que les fonds seraient là, je les encaisserai », martèle l’ancienne directrice des campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017 jugée pour « escroquerie ».
Retour à l’été 2018. Tout commence le 3 juillet lorsque Sophia Chikirou annonce son départ imminent de l’Entreprise de presse Le Média, webtélé qu’elle a cofondée, pour coordonner la campagne des élections européennes. Selon l’accusation, elle aurait tenté d’encaisser indûment 67 146 euros alors qu'elle était sur le point de quitter l’entreprise. La députée a fermement défendu son innocence, dénonçant un harcèlement à son encontre. « Pourquoi au moment où je lance ma campagne m’avoir fait subir cela ? », s’est-elle interrogée à la barre.
Le parquet a requis une simple peine d’amende contre l’élue, estimant que les faits ne justifiaient pas une peine plus lourde. La défense de Sophia Chikirou a plaidé la bonne foi, soulignant que les chèques avaient été établis dans l’attente de fonds qui devaient arriver. L’affaire, qui remonte à 2018, a mis en lumière les tensions autour de la gestion du Média, un projet politique et médiatique lancé par des proches de Jean-Luc Mélenchon.
Le tribunal rendra son délibéré dans les prochaines semaines. En attendant, Sophia Chikirou conserve son mandat de députée et continue de participer activement aux travaux de l’Assemblée nationale. Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs figures de La France Insoumise sont confrontées à des procédures judiciaires, ce que le parti dénonce comme une « judiciarisation du débat politique ».



