Disparition du chien Uki à Cannes : trois prévenus jugés pour recel à Grasse
Chien volé à Cannes : trois personnes jugées à Grasse

Le mystère de la disparition du berger australien Uki devant la justice

Ce lundi, le tribunal correctionnel de Grasse a examiné le cas de la disparition puis de la réapparition du chien Uki, un berger australien dont l'aventure a défrayé la chronique en décembre dernier sur la Côte d'Azur. Trois membres d'une même famille, Yvonne B. et ses deux enfants Robin et Tom, comparaissent pour recel de bien provenant d'un vol, l'animal ayant été retrouvé dans leur résidence de Mouans-Sartoux après avoir été porté disparu à Cannes.

Une disparition lors des festivités de fin d'année

Les faits remontent au 27 décembre 2025. La famille propriétaire du chien, originaire de Montpellier, profitait des attractions de la fête foraine de Cannes. Alors que la mère et ses deux filles s'amusaient au stand des cow-boys, Uki se tenait à leurs pieds, attaché par une laisse. « La propriétaire avait le pied posé sur la laisse », a précisé la présidente du tribunal Stéphanie Lochon-Dallet lors de l'audience. « Elle a levé le pied pour rejoindre son autre fille et contourner la machine. Quelques minutes plus tard, la chienne avait disparu. »

L'enquête et la découverte de l'animal

Les autorités ont rapidement mobilisé les vidéos de surveillance de la fête foraine et de la ville. Les images ont montré une femme saisissant le chien. L'enquête a ensuite permis d'identifier un véhicule immatriculé à Monaco, menant aux prévenus. Trois jours après sa disparition, Uki était retrouvée saine et sauve dans la maison de la famille B. à Mouans-Sartoux, à quelques kilomètres de Cannes.

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Les contradictions des prévenus face aux preuves

Devant le tribunal, Yvonne B., vêtue d'un tailleur rose poudré, a affirmé : « J'aime les chiens, je n'ai jamais voulu le voler. » Cependant, le procureur Ismaël Righi a souligné l'écart entre ces déclarations et les éléments matériels. « Vous avez la parole des prévenus, mais aussi des vidéos particulièrement éloquentes. Et les deux ne correspondent pas », a-t-il déclaré.

Le ministère public a également mis en avant l'évolution du statut juridique de l'animal. « Ce n'est plus un simple objet matériel, ce berger australien est un être vivant doué de sensibilité, cela signifie qu'il est protégé », a rappelé le procureur. Maître Pierre Pelissier, avocat de la famille propriétaire, a interrogé Yvonne B. sur le bien-être du chien : « Être subtilisé à sa famille engendre un stress pour l'animal. »

La défense et les réquisitions

L'avocat de la défense a pour sa part argué que sur les vidéos, « le chien est objectivement seul ; il n'y a pas de raison, de nécessité ou d'intention de voler un chien. » Malgré ces arguments, le procureur a requis des peines d'amende allant de 1 500 à 5 000 euros contre les trois prévenus.

Le tribunal a mis l'affaire en délibéré et rendra sa décision le 7 mai prochain. Cette affaire illustre les questions juridiques et éthiques soulevées par la protection des animaux de compagnie, dont le statut a été renforcé ces dernières années.

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