Depuis bientôt un mois, une famille de Saint-Michel-sur-Orge (Essonne) se pose inlassablement la même question : qui en voulait à Fluffy au point de la décapiter ? « Il y a peu de chance qu’on sache ce qu’il s’est passé », se désole My-Anh, la fille du couple dont l’animal a été massacré. Ses parents, âgés et profondément choqués, ont préféré ne pas s’exprimer.
Un acte de malveillance
Ce félin de 16 ans, une chatte de gouttière au long pelage, a été retrouvé le 23 avril dernier dans le jardin de leurs voisins, dans l’allée des Ébénistes. Aucune trace de sang n’a été découverte sur place, ce qui laisse penser que l’animal a vraisemblablement été tué ailleurs. La tête avait disparu.
Face à une telle découverte, le couple a décidé de déposer plainte pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif ayant entraîné la mort. » Mais « les policiers ont clos l’enquête faute de suspect », regrette leur fille.
Un animal craintif
Fluffy était habituée à se promener, notamment la nuit dans le voisinage, tout simplement en empruntant une chatière. Ce soir-là, à 1 heure du matin, ses maîtres l’aperçoivent une dernière fois avant d’aller se coucher. « Elle sort régulièrement se promener mais elle ne va jamais loin car elle est craintive et plus toute jeune même si elle était encore en forme, décrit My-Anh qui a, en partie, grandi à ses côtés. Généralement elle nous réveillait vers 6 heures. »
Au petit matin, aucun miaulement de l’animal ne vient les extraire de leur sommeil. Le couple s’en étonne mais n’y pense pas outre mesure en raison d’un rendez-vous médical important à Paris. À 14 heures, leur voisine, qu’ils connaissent depuis de longues années, les appelle. Son mari a découvert en toute fin de matinée l’animal décapité.
Les conclusions du vétérinaire
La famille récupère sa dépouille et file chez un vétérinaire. Le rapport leur fait froid dans le dos. Le corps « présente une décapitation franche, symétrique et nette faisant suspecter une amputation artificielle volontaire », décrit la praticienne dans son rapport, avant de préciser : « elle semble avoir eu lieu après le décès de la chatte sans pouvoir l’affirmer ».
Aucune trace de dents d’un autre animal n’accrédite la thèse d’un prédateur naturel. La vétérinaire parle alors « d’un acte de malveillance » et souligne « qu’aucune autre blessure n’est visible pouvant expliquer le décès. »
De nombreuses questions sans réponse
« C’est extrêmement violent », dépeint My-Anh, qui comme ses parents cherche à comprendre pourquoi on s’en est pris aussi violemment à Fluffy. « La vétérinaire s’est renseignée et aucun autre animal ne semble avoir subi le même sort dans le secteur. » Le son de cloche demeure le même du côté de la mairie contactée par la famille.
« Ce genre de faits n’est malheureusement pas rare », déplore Stéphane Lamart, président de l’association de défenses des animaux du même nom qui rappelle qu’il demeure extrêmement difficile de prouver des actes de cruauté. « Si le suspect dit qu’il a fait cela après la mort de l’animal, alors souvent les charges disparaissent », constate-t-il.
Dans cette zone pavillonnaire tranquille et sécurisée, aucune caméra de vidéosurveillance n’a permis aux policiers de savoir ce qu’il a pu se passer entre 1 heure et midi, soit l’heure approximative de la découverte du corps. « On ne comprend pas. Qui peut en vouloir à ce point à un animal pour le prendre, le décapiter puis le jeter là, s’interroge en boucle My-Anh. On se demande si on nous en veut ou si nos voisins étaient visés. Il reste beaucoup de questions sans réponse. »
Et un vide immense. « Mes parents ne vont pas bien. Ils ont perdu un repère, une présence et surtout ils ne comprennent pas pourquoi un tel acte de cruauté. »



