Montpellier : un after tourne au chaos avec coups de feu et violences au bar le Jungle
Chaos à Montpellier : coups de feu et violences au bar le Jungle

Montpellier : une soirée après-boîte vire au drame avec tirs d'armes à feu

Une scène d'une violence extrême s'est déroulée dans la nuit du 23 novembre dernier sur le parking du bar musical le Jungle, situé dans le quartier des Prés-d'Arènes à Montpellier. Ce qui devait être une simple altercation a failli tourner au drame, avec des coups échangés, un client passé à tabac, et pas moins de dix coups de feu tirés en direction d'un véhicule.

Le refus d'entrée qui a tout déclenché

Aux alentours de 8 heures du matin, un couple domicilié à Saussan, âgé de 44 et 42 ans, s'est présenté à l'entrée de cet établissement connu pour ses afters. Jugés trop éméchés par deux agents de sécurité âgés de 35 et 40 ans, l'accès leur a été refusé. La discussion s'est rapidement envenimée, conduisant les vigiles à raccompagner le couple vers leur véhicule stationné sur le parking.

C'est à ce moment que la situation a complètement dégénéré. Des coups ont été échangés, le Saussannais s'est retrouvé au sol, tandis que sa compagne, tentant de s'interposer, a été violemment maîtrisée. Elle en a gardé un doigt fracturé et une incapacité totale de travail de dix jours.

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La folle course poursuite et les tirs

Invités à quitter les lieux sur-le-champ, le couple est remonté dans son Range Rover. Selon le rapport de police, le client évincé aurait effectué plusieurs embardées en direction des vigiles. En passant à hauteur du plus âgé des deux agents, la vitre du véhicule a été brisée à l'aide d'une matraque télescopique.

Puis, face au second vigile, la situation a pris une tournure encore plus grave. L'agent de sécurité a sorti une arme à feu et a tiré une première fois, touchant la portière côté conducteur. Le quadragénaire a poursuivi sa route sur quelques dizaines de mètres avant de faire demi-tour et de revenir vers eux.

C'est alors que l'agent de sécurité a une nouvelle fois fait usage de son arme, tirant à neuf reprises en direction du Range Rover. Au total, huit impacts de calibre 22 long rifle ont été relevés sur la carrosserie du véhicule.

Une enquête judiciaire complexe

À l'issue de plusieurs semaines d'investigation, le Saussannais de 44 ans et les deux vigiles ont été interpellés et placés en garde à vue. Ils comparaissaient devant le tribunal judiciaire de Montpellier le 27 février dernier, mais l'audience n'a pas abouti à un jugement.

Maître Luc Abratkiewicz, représentant le client évincé, a demandé un renvoi afin de pouvoir mieux exploiter les enregistrements vidéos. L'avocat s'est insurgé sur la disparition de plusieurs éléments matériels : "La problématique aujourd'hui dans ce dossier, c'est que l'arme a disparu. Idem pour les douilles qui ont été ramassées et qu'on a fait disparaître. Quant aux ogives retrouvées dans la carrosserie du véhicule, elles ont été détruites par la police."

Il a insisté sur le statut de victime de son client et de son épouse : "Il faut recontextualiser la scène. Mon client avait pris une balayette et venait de se faire rouer de coups. Sa compagne pleurait à ses côtés parce qu'elle souffrait le martyre. Il était paniqué."

Deux versions contradictoires

De l'autre côté de la barre, les avocats des vigiles, Maîtres Hocine Baghdadi et Angelica Ramos, ont présenté une version différente des faits. "Si l'accès de la discothèque lui a été refusé, c'est qu'il était éméché. Il a mal pris la chose. Il apparaît clairement, au visionnage des caméras de vidéosurveillance, qu'il a foncé délibérément sur un premier agent de sécurité", a souligné Me Baghdadi.

"Il est ensuite arrivé à sortir du parking. Il aurait pu partir mais il est revenu pour foncer sur les deux vigiles. C'est à ce moment-là, se sentant menacé, qu'il y a eu ces coups de feu. L'enquête nous dira si c'était proportionné ou disproportionné. S'il y a légitime défense ou pas", a-t-il ajouté.

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Mise en examen et détention

Face aux nombreuses zones d'ombre de ce dossier particulièrement sensible, le tribunal a fait droit à la demande de renvoi afin de permettre l'exploitation complète des vidéos. Le tribunal, présidé par Sandrine Lalande, a également demandé le visionnage de l'ensemble des enregistrements et ordonné des compléments d'investigation.

Les trois hommes ont été présentés à un juge d'instruction et ont finalement été mis en examen pour tentative de meurtre. Seul le vigile ayant fait usage de son arme a été écroué, tandis que les deux autres prévenus ont été placés sous contrôle judiciaire. Une information judiciaire a été ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire qui a failli tourner au drame.