Polémique à Carpentras : chant pétainiste diffusé, enquête ouverte
Chant pétainiste à Carpentras : enquête pour provocation à la haine

Polémique à Carpentras : un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

Le vendredi 8 mai 2026, lors des commémorations de la victoire de 1945 à Carpentras, l'hymne vichyste « Maréchal, nous voilà ! » a retenti dans les haut-parleurs de la ville. Cet incident a provoqué une vive polémique politique et une enquête judiciaire pour « provocation à la haine ».

Les faits : une diffusion controversée

En fin d'après-midi, au milieu d'autres chansons de la Libération, ce chant glorifiant le maréchal Pétain, chef du régime collaborationniste de Vichy, a été diffusé dans le centre-ville de Carpentras, commune d'environ 33 000 habitants dirigée par le maire d'extrême droite Hervé de Lépinau (RN). Une vidéo publiée par Ici Vaucluse atteste de cette diffusion.

La radio associative reconnaît une « faute interne »

La radio associative RTV FM, chargée de la diffusion musicale lors de l'événement, a expliqué qu'il s'agissait d'une erreur. Son président, Alain Giraudi, a déclaré à l'AFP : « La mairie n'y est pour rien, c'est un technicien qui a rajouté ce morceau par erreur. » Selon lui, le programmateur, âgé de 33 ans, a téléchargé une playlist intitulée « 1939-1945 en chansons - Le bal de la Libération » sans reconnaître le morceau controversé, qu'il aurait entendu dans le film « Les Choristes ». La playlist fournie par la mairie ne contenait pas ce titre. Le maire a annoncé son intention de mettre fin au partenariat avec RTV FM et de porter plainte pour « malveillance ».

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Une enquête ouverte pour « provocation à la haine »

Le parquet de Carpentras a ouvert une enquête de sa propre initiative pour « provocation à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Ce délit est passible d'un an de prison et 45 000 euros d'amende, voire trois ans et 75 000 euros pour un agent public. Le parquet a précisé qu'aucune piste n'était privilégiée et que l'enquête avait été déclenchée « par voie de presse ».

Les réactions politiques : Édouard Philippe raille, le RN s'insurge

L'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle Édouard Philippe a ironisé lors d'un meeting à Reims : « Ils avaient le disque à côté de celui de “La Marseillaise”. Ils se sont trompés, c'est ballot. »

Marine Le Pen a répondu vivement sur X : « Ce mensonge et cette bassesse ne vous honorent pas, Édouard Philippe. Chacun sait que la mairie n'y est strictement pour rien. » Jordan Bardella, président du RN, a dénoncé des « fake news » et exigé des excuses. Le maire de Carpentras, Hervé de Lépinau, a qualifié Édouard Philippe de « sinistre personnage » et d'« affreux menteur ».

L'affaire continue de susciter des réactions dans tout le pays, alors que l'enquête suit son cours.

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