Tentative d'assassinat d'un champion du monde de jeux vidéo près de Montpellier par un schizophrène
Champion du monde de jeux vidéo ciblé par un schizophrène à Montpellier

Un champion du monde de Call of Duty pris pour cible par un schizophrène paranoïde

Le monde virtuel des jeux vidéo a brutalement rencontré la réalité violente le 13 janvier 2025 à Saint-Aunès, près de Montpellier. Yan, connu sous le pseudonyme de ChowH1 et champion du monde du célèbre jeu Call of Duty, a échappé de justesse à une tentative d'assassinat devant son domicile.

Une attaque préméditée dans la rue

Alors qu'il venait de se garer devant chez lui, Yan a été abordé par un individu qui lui a lancé : "Alors, c'est toi qui veux me tuer ?" L'instant d'après, l'agresseur a sorti une bombe lacrymogène de sa parka, aspergeant le streamer de gaz tout en tentant de le frapper avec un couteau. Grâce à un réflexe rapide, Yan a pu contrer l'attaque et n'a subi qu'une légère blessure au flanc avant de mettre son assaillant en fuite.

L'enquête des gendarmes de Lunel a révélé que Flavien, 33 ans, employé de grande surface originaire du Var, avait rôdé pendant plusieurs jours autour de la maison de sa victime. Il séjournait dans un hôtel où il était déjà venu en novembre 2024, préparant méticuleusement son attaque.

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Un délire de persécution lié aux jeux vidéo

Interpellé deux semaines plus tard à Six-Fours-les-Plages, Flavien a tenu des propos qui ont immédiatement alerté les enquêteurs. "Il indique être victime d'événements surnaturels, la victime prend le contrôle de ses mouvements, lui parle dans sa tête", a précisé le président de la chambre de l'instruction.

Flavien avait même déposé plainte contre Yan dans un commissariat de Marseille, accusant le streamer de lui faire du mal "avec constance et sévérité". Dans ses déclarations, il expliquait : "Il voulait me torturer et prendre le contrôle de mon esprit, j'entendais sa voix 24 heures sur 24."

Ce délire de persécution serait apparu à partir de 2020, lorsque Flavien s'est mis à jouer en ligne et à suivre les exploits virtuels de ChowH1, devenu entre-temps champion du monde de Call of Duty. L'agresseur avait acheté la bombe lacrymogène dès août 2024, témoignant d'une préméditation inquiétante.

Un diagnostic psychiatrique sans appel

Les experts psychiatres qui ont examiné Flavien ont établi un diagnostic formel : schizophrénie paranoïde avec délire de persécution. Leur rapport souligne un "risque de passage à l'acte, état dangereux pour lui-même et pour autrui, grande imprévisibilité du sujet".

Pour les médecins, qui préconisent une hospitalisation rapide, le discernement de Flavien était aboli au moment des faits, le rendant irresponsable pénalement. Ils estiment que tous les voyants sont au rouge et que le jeune homme relève de l'hôpital psychiatrique plutôt que du système judiciaire classique.

Un débat judiciaire complexe

Le cas a provoqué des tensions au sein du système judiciaire. Malgré les demandes du juge d'instruction, l'administration pénitentiaire estime que Flavien, désormais sous traitement, ne relève pas d'une hospitalisation en milieu carcéral, réservée aux situations de crise aiguë.

En mars 2026, le juge des libertés a ordonné un placement sous contrôle judiciaire, une décision à laquelle le parquet s'est opposé. L'avocat général s'est insurgé : "Quand bien même il est dangereux, il y a lieu d'exposer tout un chacun à ses délires ? Je ne peux pas souscrire à ce raisonnement. Il a prémédité ses actes, il a tenté d'assassiner !"

Me Cyril Malgras, avocat de Yan, a confirmé les craintes de sa clientèle : "La seule chose qu'il veut, c'est vivre en paix et à l'abri de quelqu'un non pas qui est malade, mais surtout qui est dangereux. Et c'est lui et sa compagne qui vont finalement être obligés de partir pour continuer à vivre en paix."

Une défense qui plaide pour les soins

Me Laure Valarié, avocate de la défense, a nuancé le débat : "Un malade, ça ne s'enferme pas, ça se soigne. Il a fait d'énormes progrès dans la prise de conscience de sa maladie, il est d'accord pour être hospitalisé dès qu'il sera sorti de prison."

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Devant la cour d'appel de Montpellier le 30 mars 2026, Flavien a tenté de rassurer sa victime : "Je tiens à lui dire qu'il n'a plus rien du tout à craindre de ma part. Je prends beaucoup de médicaments antidélirants, des anxiolytiques, j'entends encore des voix, mais maintenant, je sais quand je délire, et que c'est la maladie qui me parle, pas lui."

La cour d'appel a finalement balayé l'hypothèse d'une libération le 2 avril 2026. Flavien restera en détention jusqu'à ce que la procédure s'achève et que son irresponsabilité pénale soit définitivement prononcée, laissant Yan et sa compagne dans l'attente d'une résolution sécurisante de cette affaire troublante.