Saint-André-de-Sangonis : la nouvelle municipalité face à un héritage patrimonial controversé
Saint-André-de-Sangonis : héritage patrimonial controversé

Un héritage patrimonial lourd pour la nouvelle équipe municipale

À Saint-André-de-Sangonis, dans l'Hérault, la nouvelle municipalité menée par Alexandre Monaco se retrouve confrontée à un chantier particulièrement épineux. Elle hérite en effet d'un projet de démolition controversé concernant le presbytère historique du village ainsi qu'une partie de l'ancien rempart, un patrimoine architectural qui suscite l'émotion parmi les habitants et les défenseurs du patrimoine.

Une démolition relancée entre les deux tours des élections

Le chantier de démolition, initialement mis en stand-by, a connu une reprise soudaine entre les deux tours des élections municipales, alors que la majorité sortante semblait en difficulté. Cette accélération des travaux a surpris l'équipe d'Alexandre Monaco, qui s'était pourtant déclarée « farouchement opposée » à ce programme urbanistique hérité de l'ancienne municipalité.

« C'est le patrimoine de nos ancêtres qui part en poussière. C'est dommage. Nous aurions pu faire de belles choses avec une bâtisse comme celle-là », confie le nouveau maire, visiblement affecté par la destruction en cours. Il rappelle avoir personnellement signé les pétitions contre ce projet qui prévoit la construction d'une médiathèque et de logements à la place des vieilles pierres.

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Priorité à la sécurité et à la concertation

Dès leur prise de fonction, les nouveaux élus ont d'abord sécurisé le site. « Nous avons mis le chantier en conformité avec les préconisations du service d'inspection. Il fallait aussi humidifier le chantier pour limiter les poussières pour le voisinage. L'étayage de ce qui reste de la muraille a également été assuré », explique René Garro, adjoint délégué à l'urbanisme.

Face à cet héritage encombrant, la municipalité souhaite désormais prendre le temps de la réflexion et de la concertation. « C'est un sujet épineux, il y a des enjeux financiers importants pour la commune et donc pour les habitants », reconnaît Alexandre Monaco. Il ajoute avec amertume : « Si tout cela n'avait pas été détruit, nous aurions eu davantage d'options. On se serait bien passé de cet héritage. »

Une consultation publique annoncée

Un tour de table est prévu avec les différents acteurs du dossier : les entreprises concernées, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), l'Établissement public foncier (EPF) et France Développement Innovation (FDI). L'objectif est de faire un état des lieux précis de la situation, d'évaluer les marges de manœuvre et les délais possibles.

« Nous consulterons la population, c'est important pour nous », promet le maire. « Nous organiserons des réunions publiques avec ces organismes pour faire un point de situation et voir quelle direction nous allons pouvoir prendre. » Cette approche participative contraste avec la méthode employée précédemment, qui avait ému le voisinage et le collectif citoyen de défense du presbytère.

La façade du presbytère et quelques pièces voûtées au rez-de-chaussée subsistent encore, tout comme les vestiges étayés de l'ancien rempart. Ces éléments témoignent du patrimoine historique du village que la nouvelle municipalité devra désormais gérer avec pragmatisme, tout en tenant compte des aspirations des habitants attachés à leur héritage architectural.

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