Une amende controversée malgré l'urgence familiale
Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) font face à une polémique importante après avoir verbalisé une famille endeuillée par la tragédie de Crans-Montana. Le 13 janvier dernier, les parents d'une jeune victime de l'incendie mortel ont dû embarquer en urgence dans un train sans billet pour rejoindre l'Allemagne où leur fille était hospitalisée en soins intensifs.
Une situation dramatique ignorée par le contrôleur
Alors que leur véhicule était tombé en panne près de Bâle, ces parents désemparés ont pris la décision de monter dans le train sans avoir pu acheter de titre de transport. Malgré leurs explications détaillées concernant l'extrême urgence de leur situation et le drame familial qu'ils traversaient, le contrôleur des CFF est resté inflexible.
Il leur a infligé à chacun une amende pour fraude, pour un montant total de 351 francs suisses, soit exactement 383,63 euros. Cette sanction administrative est intervenue alors que la famille tentait de rejoindre au plus vite le chevet de leur fille gravement blessée dans l'incendie du bar de Crans-Montana.
L'intransigeance persistante de la compagnie ferroviaire
Par la suite, les parents ont contacté le service clientèle des CFF pour demander l'annulation de cette amende, arguant des circonstances exceptionnelles. La compagnie ferroviaire, pourtant largement financée par la Confédération helvétique, a refusé toute annulation complète.
Pire encore, elle a également décliné la proposition de mettre en place des facilités de circulation qui auraient permis à ces parents de se déplacer plus aisément pendant la période d'hospitalisation de leur fille. Le service des contentieux a simplement accordé un rabais symbolique de 43,72 euros sur le montant total de l'amende.
L'avocat de la famille dénonce l'absence de compassion
L'affaire a pris une dimension médiatique lorsque l'avocat représentant la famille s'est exprimé publiquement. Selon ses déclarations rapportées par RTL, les CFF n'ont manifesté aucune compassion en rapport avec le terrible drame qui les a frappés.
Le conseil juridique a qualifié la réaction de l'entreprise publique d'inacceptable, soulignant particulièrement l'absence de compassion et de la moindre sollicitude. Il a exigé non seulement l'annulation définitive de l'amende, mais aussi la délivrance de bons de transport permettant aux parents de faire régulièrement le trajet entre Lausanne et Cologne pendant toute la durée de l'hospitalisation de leur fille Alexia.
La défense des CFF : un principe d'égalité de traitement
Dans un courriel officiel consulté par RTL, le service clientèle des chemins de fer suisses a exprimé son soutien le plus chaleureux à la famille affectée, ainsi qu'à toutes les personnes touchées par la tragédie de Crans-Montana. Cependant, la compagnie maintient fermement sa position.
Les CFF reconnaissent comprendre la demande de geste concret de solidarité et la déception profonde des blessés et de leurs proches. Néanmoins, ils justifient leur décision par un souci d'égalité de traitement envers d'autres personnes et familles touchées par d'autres tragédies.
Cette position rigide persiste malgré l'émotion considérable suscitée par l'événement et le bad buzz médiatique qui en découle. Les chemins de fer suisses restent ainsi droits dans leurs bottes, au risque d'écorner durablement leur image de compagnie respectable et humaine.