Cédric Prizzon, ancien policier et rugbyman, suspecté du double meurtre de ses compagnes au Portugal
L'affaire a éclaté après la découverte macabre des corps de deux femmes enterrées au Portugal. Cédric Prizzon, âgé de 42 ans, ancien policier et joueur de rugby à XIII de haut niveau, est au cœur d'une enquête pour le meurtre de son ex-conjointe Audrey Cavalié, 40 ans, et de sa compagne actuelle Angela Legobien, 26 ans. Les deux femmes avaient disparu en Aveyron, région où résidait Prizzon, avant que leurs dépouilles ne soient localisées sur le sol portugais.
Un profil marqué par la violence et le sport de haut niveau
Cédric Prizzon est décrit par son entourage comme un homme « sanguin » et « bagarreur ». Sans emploi au moment des faits, il a brièvement fait carrière dans la police et a été un rugbyman professionnel, formé au Toulouse Olympique XIII. Il a été sélectionné dans diverses catégories de jeunes de l'équipe de France et a joué pour le club londonien London Skolars avant de signer en 2011 à Villefranche-de-Rouergue, en Aveyron. Il résidait alors dans le village de Savignac, près de Vailhourles.
Une amie de la famille d'Audrey Cavalié, l'ex-conjointe, a confié que la famille était « effondrée » mais « s'y attendait ». Elle a ajouté : « C'est affreux parce qu'ils espéraient que jamais ça n'aurait lieu, mais l'issue ne pouvait pas être autre. » Selon elle, Prizzon multipliait les bagarres lorsqu'il travaillait comme videur en boîte de nuit et se vantait parfois d'en avoir « fait saigner un autre ».
Un casier judiciaire chargé et une obsession contre la justice
Les relations entre Cédric Prizzon et Audrey Cavalié, mère de son fils aîné, se sont rapidement dégradées après leur séparation. En septembre 2020, une dispute violente a conduit les deux à échanger des coups de couteau, leur valant chacun six mois de prison avec sursis. À l'été 2021, Prizzon a enfreint l'accord de garde alternée en emmenant son fils en Espagne pendant plusieurs semaines. Rattrapé par les forces de l'ordre, il a été déchu de son droit de garde et condamné à neuf mois de prison pour non-représentation d'enfant, une peine aménagée avec bracelet électronique.
En 2022, il a écopé de six mois de sursis pour menaces de mort contre Audrey Cavalié. Puis, en octobre 2023, le tribunal correctionnel de Rodez l'a condamné pour harcèlement moral à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans. Pour voir son fils, il bénéficiait d'un droit de visite médiatisé par une association.
Sur ses réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram, Cédric Prizzon dénonçait régulièrement une supposée « corruption » de la justice française. Dans des messages consultés, il accusait la mère de son fils de « forcer notre enfant à mentir ». Il avait également prévenu : « S'il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national. » Il avait manifesté à plusieurs reprises avec d'autres pères ayant perdu leur droit de garde devant le tribunal de Rodez et la mairie de Villefranche-de-Rouergue.
L'enquête en cours au Portugal et les circonstances des meurtres
Cédric Prizzon a été interpellé mardi lors d'un contrôle routier au Portugal. Il était en possession d'un fusil à pompe, de faux papiers, de plusieurs jeux de fausses plaques et de 17 000 euros en liquide. Après avoir été entendu jeudi par un juge du tribunal de Vila Nova de Foz Côa, il a été placé en détention provisoire à l'établissement pénitentiaire de Guarda.
Selon des médias portugais, les meurtres auraient été commis sous les yeux de son fils. Cédric Prizzon aurait d'abord tué Audrey Cavalié, puis Angela Legobien, sa compagne actuelle, qui le sommait de se rendre. « La procédure entre maintenant dans la phase d'instruction de l'enquête auprès du ministère public », a indiqué une source judiciaire portugaise.
Les autorités françaises devraient formaliser une demande de transfert de Cédric Prizzon vers la France. Ses enfants devraient être prochainement rapatriés et pris en charge par leurs familles respectives. Cette affaire tragique met en lumière les antécédents violents de l'ancien policier et rugbyman, ainsi que sa profonde rancœur envers le système judiciaire français.



