Cédric Prizzon, ex-policier et rugbyman, interpellé pour le double meurtre de deux femmes
Cédric Prizzon interpellé pour double meurtre en Aveyron

Cédric Prizzon, l'ex-policier recherché pour double meurtre, enfin interpellé

Il était l'homme le plus recherché de France après la disparition inquiétante d'une mère et de son fils en Aveyron. Cédric Prizzon, ancien policier de 42 ans, a finalement été interpellé par les autorités portugaises et placé en détention provisoire. Il est soupçonné du meurtre de sa compagne actuelle et de son ex-conjointe, dont les corps ont été découverts enterrés au Portugal.

Un profil marqué par la violence et le rugby

Décrit par son entourage comme particulièrement violent, Cédric Prizzon nourrissait une rancœur profonde contre la mère de son fils aîné et contre la justice française. Sans emploi au moment des faits, il avait brièvement fait carrière dans la police avant de se consacrer au rugby à XIII.

Issu de la formation du Toulouse Olympique XIII, ce sportif de haut niveau avait été sélectionné dans diverses catégories de jeunes de l'équipe de France. Il avait même joué pour le club londonien London Skolars avant de signer en 2011 à Villefranche-de-Rouergue, en Aveyron, où il s'était installé dans le village voisin de Savignac.

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Un passé judiciaire chargé

Les relations entre Cédric Prizzon et son ex-conjointe Audrey Cavalié, mère de son fils, se sont progressivement envenimées après leur séparation. En septembre 2020, une dispute violente dégénère en échange de coups de couteau, valant à chacun une peine de six mois de prison avec sursis.

L'été suivant, il viole le système de garde alternée en emmenant son fils en Espagne pendant plusieurs semaines. Rattrapé par les forces de l'ordre, il est déchu de son droit de garde et condamné à neuf mois de prison pour non-représentation d'enfant, peine aménagée avec bracelet électronique.

En 2022, il écope de six mois de sursis pour menaces de mort contre Audrey Cavalié. Puis en octobre 2023, le tribunal correctionnel de Rodez le condamne pour harcèlement moral à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans.

Une obsession contre la justice française

Sur ses réseaux sociaux, Cédric Prizzon laissait transparaître une profonde animosité contre l'institution judiciaire. Sur Facebook, il dénonçait quasi quotidiennement une supposée « corruption » de la justice, affirmant que la mère de son fils « force notre enfant à mentir ».

Dans une vidéo devenue virale, il déclarait : « Dans ce pays, dès qu'on dénonce des choses qui ne vont pas, on n'a plus le droit de parler et on nous dit que c'est de la diffamation et du harcèlement moral ». Il avait même menacé : « S'il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national ».

Il avait manifesté à plusieurs reprises avec d'autres pères ayant perdu leur droit de garde devant le tribunal de Rodez et la mairie de Villefranche-de-Rouergue.

L'interpellation au Portugal et les faits

Cédric Prizzon a été interpellé mardi lors d'un contrôle routier au Portugal. Les autorités l'ont trouvé en possession d'un fusil à pompe, de faux papiers, de plusieurs jeux de fausses plaques d'immatriculation et de 17 000 euros en liquide.

Selon les informations des médias portugais, il aurait tué sous les yeux de son fils d'abord Audrey Cavalié, 40 ans, puis Angela Legobien, 26 ans, sa compagne actuelle, qui le sommait de se rendre aux autorités.

Après avoir été entendu jeudi par un juge du tribunal de Vila Nova de Foz Côa, il a été placé en détention provisoire à l'établissement pénitentiaire de Guarda. « La procédure entre maintenant dans la phase d'instruction de l'enquête auprès du ministère public », a indiqué une source judiciaire portugaise.

Les suites de l'affaire

Les autorités françaises devraient formaliser prochainement une demande de transfert de Cédric Prizzon vers la France. Ses enfants, présents lors des faits, devraient être rapatriés et pris en charge par leurs familles respectives.

La famille d'Audrey Cavalié est aujourd'hui « effondrée », selon une amie proche interrogée par l'AFP. « Ils s'y attendaient », confie-t-elle, « c'est affreux parce qu'ils espéraient que jamais [ça n'aurait lieu], mais l'issue ne pouvait pas être autre ».

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Cette même source décrit Cédric Prizzon comme ayant un « côté bagarreur, le côté sanguin, le côté qui aimait faire mal », multipliant les altercations avec les clients de la boîte de nuit où il travaillait comme videur, se vantant parfois d'en avoir « fait saigner un autre ».