Alors que la capitale française subit une vague de chaleur intense, des centaines de migrants et exilés se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans accès à l'eau potable ni à des espaces ombragés. Les températures dépassent les 35°C, mais pour ces personnes souvent à la rue, la priorité reste la survie quotidienne.
Des conditions de vie précaires aggravées par la chaleur
Selon plusieurs associations de terrain, comme Utopia 56 ou Médecins du Monde, les exilés installés dans des campements informels ou dans les rues de Paris subissent de plein fouet la canicule. « Ils acceptent des choses qui ne sont pas acceptables à Paris », dénonce une bénévole d'Utopia 56. Les tentes de fortune offrent peu de protection contre la chaleur, et l'accès à l'eau est souvent limité à des points d'eau publics éloignés.
Le collectif « Le Revers de la médaille » estime qu'environ 3 000 migrants vivent dans des campements précaires dans la région parisienne. Sans accès à des douches ni à des toilettes, les risques sanitaires sont accrus, notamment les coups de chaleur et la déshydratation.
Les associations appellent à des mesures d'urgence
Face à cette situation, plusieurs organisations humanitaires réclament l'ouverture de centres d'hébergement d'urgence climatisés et la distribution massive d'eau. « Il faut que la mairie de Paris et l'État prennent leurs responsabilités », insiste une porte-parole de Médecins du Monde. En 2022, une étude de l'Observatoire du Samu social avait déjà montré que les personnes sans abri étaient 30 % plus susceptibles de souffrir de pathologies liées à la chaleur.
La mairie de Paris a annoncé l'activation de son plan canicule, avec l'ouverture de parcs et de piscines publiques gratuitement, mais ces mesures ne ciblent pas spécifiquement les exilés. Les associations déplorent un manque de coordination et d'anticipation.
Un phénomène récurrent mais toujours ignoré
Chaque été, le même constat revient : les exilés sont les premiers à souffrir des épisodes de chaleur extrême, alors qu'ils sont souvent relégués aux marges de la ville. En 2023, un rapport de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) pointait déjà du doigt l'absence de politique d'hébergement adaptée aux périodes de canicule. « On reproduit les mêmes erreurs chaque année », regrette un coordinateur d'Utopia 56.
Pour l'instant, aucune solution pérenne n'a été mise en place. Les maraudes distribuent de l'eau et des éventails, mais cela reste insuffisant face à l'ampleur des besoins. Alors que les températures devraient encore grimper dans les jours à venir, la situation pourrait devenir critique.



