Une inondation soudaine perturbe la vie d'un Ehpad varois
La commune de Carcès, dans le Var, a été le théâtre d'un événement dramatique jeudi dernier. Vers 17 heures, le grand canal, infrastructure historique d'irrigation datant du XVIe siècle, a subitement débordé au niveau de la maison de retraite Lou Grand Oustalou. Construit en cascade en contrebas du canal, l'établissement a été immédiatement envahi par un flot d'eau ininterrompu.
Le directeur, Jean-Philippe Ravel, décrit la scène : « À 17 heures, l'eau a commencé à s'engouffrer par la sortie de secours du premier étage où se trouve une partie des chambres. Le niveau est rapidement monté à hauteur de plaintes. » L'eau s'est ensuite déversée sur les étages inférieurs, inondant le rez-de-chaussée et le sous-sol, jusqu'à détremper la rue adjacente.
Une évacuation nocturne et complexe
Face à l'urgence, le personnel de l'Ehpad, aidé par la première adjointe au maire Amandine Chiapello, a dû procéder à l'évacuation des 54 résidents. « Nous avons fini vers une heure du matin », rapporte l'élue. Les personnes âgées ont été relogées dans d'autres structures des communes voisines, notamment à Cotignac, Brignoles, Le Luc, La Roquebrussanne, Cuers, Garéoult et Pignans. Une famille a préféré récupérer son proche à domicile.
Jean-Philippe Ravel exprime son inquiétude : « Pour le moment, ils vont tous bien. Lorsqu'il y a un changement de repères, nous sommes toujours inquiets du risque de dégradation de santé de nos patients. » L'établissement, d'une capacité de 65 lits, est désormais fermé jusqu'à nouvel ordre.
Des dégâts matériels considérables
Le lendemain de l'inondation, le maire Alain Ravanello a constaté l'étendue des dégâts. Bien que les sols aient été nettoyés, les stigmates sont visibles : des dalles de faux plafonds manquent, des câbles électriques pendent et la peinture s'écaille à cause de l'humidité. Les chambres, vidées de leurs occupants, conservent encore les effets personnels des résidents, dans un silence pesant.
Le directeur énumère les systèmes affectés : « Il y a des dégâts sur l'électricité, les ascenseurs, les systèmes de sécurité incendie, la chaufferie, les cuisines aussi. » Pour sécher le bâtiment, le système de chauffage a été relancé, en attendant l'arrivée de professionnels pour évaluer précisément les travaux nécessaires.
Le canal, source récurrente de problèmes
Le grand canal, qui prend son eau dans le Caramy et s'étend sur six kilomètres, est pointé du doigt. Alain Ravanello explique : « S'il se bouche, l'eau s'accumule, déborde et s'engouffre partout. » Chaque année, un curage complet est effectué, révélant souvent des déchets comme des bûches ou des tontes d'herbe, conséquences de l'incivilité des riverains.
Ce n'est pas la première fois que le canal perturbe l'Ehpad. Le personnel évoque un épisode similaire en 2022, bien que moins violent. Le maire annonce des mesures : « Nous avons récemment créé un regard pour pouvoir entretenir la partie souterraine plus facilement. Nous allons en faire d'autres. » Il s'interroge sur la cause du bouchon, survenu un jour sans pluie, et promet des inspections prochaines. En attendant, le débit du canal a été réduit.
Une réouverture qui s'annonce longue
Les conséquences de cette inondation sont lourdes pour la structure. Le maire précise la procédure : « Il faudra que les expertises de l'assurance soient faites, qu'il y ait une remise en état complète, et ensuite que la commission sécurité valide la réouverture de l'établissement. Nous ne rouvrirons pas de sitôt, même si à l'échelle de la mairie, nous allons tout faire pour accélérer le processus. » La communauté de Carcès reste mobilisée pour soutenir les résidents et le personnel, dans l'attente d'un retour à la normale.



