Déplacement d'un campement de gens du voyage vers des terrains de la CCI et du port de pêche
Campement de gens du voyage déplacé vers des terrains stratégiques

Un campement de gens du voyage se réinstalle sur des terrains stratégiques après évacuation

Mercredi 15 avril au matin, les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation d'environ 140 véhicules appartenant à la communauté des gens du voyage, qui étaient installés depuis longtemps sur un vaste parking du parc d'activité de Périgny. Plutôt que de se disperser, le campement a migré de l'est vers l'ouest de l'agglomération, pour s'établir sur deux parcelles situées à Chef-de-Baie.

Des terrains à haute valeur économique occupés

Les véhicules et caravanes se sont arrêtés sur des terrains qui appartiennent, pour l'une à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Charente-Maritime, et pour l'autre au syndicat mixte du port de pêche de La Rochelle. Cette occupation ne passe pas inaperçue en bordure de la rue Samuel-Champlain, principale voie d'accès au port.

Philippe Chabrier, conseiller communautaire délégué à l'accueil des gens du voyage, indique qu'un « terrain de chute » avait été envisagé pour accueillir temporairement le campement après son expulsion de Périgny. « Par solidarité territoriale, j'étais prêt à accepter pour un temps limité », confirme Christophe Bertaud, président du syndicat mixte du port de pêche.

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Un projet économique menacé

Le problème est que la majorité des gens du voyage se sont installés sur le terrain de la CCI, une parcelle de 30 000 m² qui est pressentie pour abriter le pôle rochelais de course au large. « Ce n'est vraiment pas le moment ! » déplore Philippe Pétorin, président de la CCI. « On attendait depuis dix ans un usage pour ce terrain. Si cette amorce est compromise, des investisseurs pourraient être dissuadés de poursuivre l'aventure. »

Ce projet concerne notamment le relogement de l'entreprise C3 Technologies, spécialisée dans les matériaux composites de précision pour le nautisme et l'aviation, dont les locaux à Périgny avaient été détruits par un incendie le 5 mars 2025.

Des risques sécuritaires et économiques

Au port de pêche, Christophe Bertaud s'inquiète d'un branchement électrique illicite qui traverse une route fréquemment empruntée par des véhicules lourds. « Il y a un risque avéré que ce câble rompe. Si tel était le cas, il ferait disjoncter le tableau électrique qui alimente toutes les installations du quai du Septentrion », explique-t-il. « C'est là que les mareyeurs travaillent et entreposent leurs produits. Il leur faut absolument du courant pour ne pas interrompre la chaîne du froid. »

Il souligne que le port représente un outil industriel générant 334 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, et réclame à la communauté d'agglomération et à la préfecture un branchement sécurisé pour le campement.

Une impuissance institutionnelle

Dans cette période transitoire suivant les élections municipales, la communauté d'agglomération se déclare impuissante. Philippe Chabrier précise que si elle est compétente pour créer des aires d'accueil, elle n'a pas vocation à régler les cas d'occupation illicite.

La préfecture de Charente-Maritime assure qu'elle va jouer son rôle en prévenant des troubles éventuels à l'ordre public, mais précise que « il appartient au propriétaire du terrain d'entamer une procédure qui aboutirait éventuellement à une décision d'expulsion ». Deux dates ont été évoquées pour le repli du campement : le 10 mai et le 24 mai.

La préfecture signale que l'affaire « sera suivie de très près » et qu'elle sera à l'écoute des riverains. Pour l'heure, la situation reste bloquée, illustrant parfaitement ce qu'on appelle déplacer un problème plutôt que le résoudre.

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