Un cambrioleur algérien sous OQTF condamné à Montpellier : « Je reviendrai, j’aime trop la France »
Cambrioleur sous OQTF condamné : « Je reviendrai en France »

Un cambrioleur algérien sous OQTF condamné à six mois de prison ferme à Montpellier

Le tribunal judiciaire de Montpellier vient de rendre son verdict dans une affaire de cambriolage qui a défrayé la chronique locale. Un ressortissant algérien de 24 ans, en situation irrégulière sur le territoire national, a été condamné à six mois de prison ferme avec maintien en détention. Les faits remontent au 12 décembre 2025 dans le quartier Boutonnet, où il a commis un vol par effraction accompagné d'actes de rébellion contre les forces de l'ordre.

Les circonstances du cambriolage

L'affaire a débuté en début de soirée du 12 décembre dernier, dans une maison située sur l'avenue Pierre-Adhémar. La propriétaire des lieux, alertée en temps réel par son système d'alarme intrusion, a immédiatement prévenu la police. Sur place, les fonctionnaires ont surpris deux individus en train de remplir des sacs avec des objets volés. À la vue des équipages, les mis en cause ont pris la fuite, déclenchant une course-poursuite musclée.

Lors de l'interpellation, l'un des policiers a été blessé à la main par le prévenu, nécessitant trois jours d'incapacité totale de travail. Le parquet de Montpellier reprochait au jeune homme non seulement le vol par effraction, mais également la rébellion ayant entraîné cette blessure.

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Les déclarations contradictoires à l'audience

À la barre, le prévenu a adopté une position ambivalente. Il a reconnu sa participation au cambriolage tout en minimisant son rôle : « On était trois. Moi, je cherchais juste un endroit pour dormir. Quand j'ai vu que la maison était habitée, j'ai dit qu'il fallait partir. Mais eux ont voulu prendre des affaires pour les revendre et pouvoir s'acheter à manger ».

En revanche, il a fermement contesté les accusations de violence contre les policiers : « Je n'ai pas frappé les policiers, je respecte la police. Ils me sont tombés à trois dessus », affirmant que le fonctionnaire blessé « s'est fait mal tout seul ».

La version de la procureure

La procureure a présenté une version radicalement différente des événements. Selon elle, les trois hommes auraient commis une première intrusion avant de ressortir boire un café, puis seraient revenus dans le logement sans se douter que l'alarme s'était déclenchée. « Ils ont été trop gourmands, c'est ce qui a causé leur perte », a-t-elle résumé, soulignant le caractère prémédité de l'acte.

Le parcours du prévenu et sa condamnation

Arrivé en France il y a un an « pour travailler » mais sans titre de séjour régulier, le jeune homme fait déjà l'objet d'une obligation administrative de quitter le territoire français (OQTF) assortie d'une interdiction de retour de quatre ans. Poursuivi également pour un autre cambriolage commis la veille dans le même secteur, il a finalement été relaxé pour ce second délit, son téléphone ne bornant pas sur les lieux au moment des faits.

Outre la peine de six mois de prison ferme, le tribunal a ordonné au condamné d'indemniser les victimes à hauteur de 2 113 euros. Il s'est également vu notifier une interdiction de séjour sur le territoire français de deux ans à l'issue de sa peine.

Une déclaration surprenante sur son avenir

Interrogé sur ses intentions à sa sortie de prison, le prévenu a livré une déclaration qui a marqué l'audience : « Je vais repartir en Algérie, oui, pour respecter le droit français et quand la date de mon OQTF sera passée, je reviendrai. J'aime trop la France ». Ces propos, prononcés avec une certaine forme de candeur, contrastent fortement avec la gravité des faits qui lui sont reprochés et sa situation administrative précaire.

Cette affaire illustre les complexités du traitement judiciaire des délits commis par des personnes en situation irrégulière, mêlant questions pénales, administratives et humaines. Le tribunal de Montpellier a choisi une sanction ferme tout en tenant compte des éléments de preuve, relaxant le prévenu pour le second cambriolage faute de preuves suffisantes.

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