Un surveillant du centre pénitentiaire de Béziers a échappé de justesse à une agression violente, ce mercredi 8 juillet 2026, à 8 heures du matin. Alors qu'il s'apprêtait à ouvrir les cellules pour la promenade, il a remarqué un détenu posté derrière la porte, armé d'un couteau artisanal doté d'une lame de 20 centimètres. Selon le syndicat Ufap/Unsa Justice, l'arme aurait été confectionnée à partir d'un miroir brisé.
Un drame évité de justesse
David Parmentier, secrétaire local de l'Ufap/Unsa Justice, a déclaré : « Un drame a été évité de justesse. Le poignard a vraisemblablement été confectionné avec un bout de miroir brisé. Si le collègue avait ouvert la porte, le détenu l'aurait sans aucun doute poignardé. Pour moi, cela s'apparente à une volonté délibérée d'attenter à l'intégrité physique d'un agent. C'est un acte intentionnel d'une violence extrême, une tentative d'assassinat. »
Le surveillant a immédiatement alerté l'équipe locale de sécurité pénitentiaire (ELSP). Le détenu a été extrait de sa cellule et placé en quartier disciplinaire. Le syndicat demande désormais que l'administration saisisse le procureur de la République au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale, afin que la gravité des faits soit reconnue et que des mesures fermes soient prises pour protéger les personnels.
Un contexte de surpopulation et de troubles psychologiques
Le centre pénitentiaire de Béziers connaît une surpopulation chronique, avec un taux d'occupation de 200 %. Selon David Parmentier, les agents doivent faire face quotidiennement à des insultes, des agressions verbales et physiques. « Ça fait des années qu'on dénonce la surpopulation pénale. Quand vous rajoutez à ça les 30 à 35 % de détenus qui souffrent de graves troubles psychologiques, vous obtenez une cocotte-minute prête à exploser », a-t-il ajouté.
La canicule, qui sévit dans la région, ne fait qu'aggraver les tensions. Le syndicaliste estime que les mesures annoncées par le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, lors de sa visite à l'établissement le 4 juin dernier, sont insuffisantes. Darmanin avait promis la création d'une unité hospitalière de soins spécialement aménagée (UHSA) de 43 places, mais à l'échelle régionale. « On compte 7 000 détenus en Occitanie. Si on applique le ratio de 30 % de problèmes psy, soit environ 2 000 détenus, on est bien loin du compte… », a déploré Parmentier.
Des revendications pour plus de sécurité
Le syndicat réclame des mesures concrètes pour garantir la sécurité des personnels pénitentiaires. Outre la saisine du procureur, il demande une meilleure prise en charge des détenus souffrant de troubles psychologiques et une réduction de la surpopulation carcérale. L'incident de ce mercredi met en lumière les conditions de travail difficiles dans les prisons françaises, où les agents sont exposés à des risques quotidiens.



