Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné, ce jeudi 21 mai, un détenu algérien de 22 ans à une peine d'un an et demi de prison supplémentaire pour avoir violemment insulté et menacé de mort un surveillant pénitentiaire de la prison de Béziers. Les faits remontent au 23 mars dernier, lorsque le détenu a proféré des propos particulièrement graves à l'encontre de l'agent.
Des insultes et menaces d'une rare violence
Lors de l'audience de comparution immédiate, la présidente du tribunal a lu les propos tenus par le prévenu : "Sale harki, sale fils de pute, tu as trahi ton pays l'Algérie et tu suces la France. J'espère que tu auras un accident de la route et qu'un camion va t'écraser, je vais te brûler vivant." Ces insultes et menaces de mort ont été proférées après que le détenu a tenté de forcer le passage entre trois surveillants lors d'une sortie vers une promenade. Il a ensuite été réintégré de force dans sa cellule, où il a commencé à inonder la pièce en ouvrant l'eau, ce qui a nécessité la coupure de l'eau et de l'électricité.
Le détenu nie les faits malgré les preuves
Depuis le box des prévenus, le jeune homme a nié en bloc les accusations, affirmant : "J'ai une bonne mémoire, nette, je n'ai jamais parlé à ce surveillant ni je l'ai insulté." Pourtant, il avait initialement reconnu les faits lors du rapport d'incident, son 39e depuis son incarcération au centre pénitentiaire du Gasquinoy. Le surveillant victime, présent au tribunal en tant que partie civile, a confirmé les faits et décrit l'impact psychologique subi : "J'ai continué à travailler après l'incident, mais je n'étais pas bien mentalement. Ça m'a fait remonter de très mauvais souvenirs par rapport à mon père. J'ai été en arrêt maladie, je ne dormais plus, je n'avais plus d'appétit. J'ai repris le travail mais je continue à ressasser tout ça, car ce sont des propos forts et violents."
Des réquisitions fermes du parquet
Le représentant du ministère public a adopté une position très ferme, conformément à la politique du parquet de Béziers de ne laisser aucun incident pourrir la vie carcérale. Il a rappelé que le détenu compte 13 condamnations sur son casier judiciaire, dont une pour des faits similaires. "Avec la récidive, vous encourez 14 ans de prison, c'est dire comment le législateur n'accepte pas ce genre de comportement", a-t-il déclaré. S'adressant directement à la victime, il a ajouté : "Nous, nous sommes fiers de ce que vous êtes en tant qu'agent et en tant qu'homme monsieur. Vous avez été victime d'une violence inadmissible et nous sommes le seul rempart contre ça. Il faut une peine importante pour que vous vous sentiez soutenu par la justice, que vous retrouviez votre dignité."
La défense tente de minimiser
Me Cécile Nebot, avocate du détenu, a plaidé la relaxe en tentant de s'appuyer sur la parole de son client. "Je demande la relaxe car on peut respecter la parole de cet homme qui vous dit qu'il n'a jamais insulté ce surveillant. Il ne voulait pas d'avocat tellement il pense n'avoir rien fait." Malgré ses efforts, les juges ont suivi les réquisitions du parquet, prononçant une peine d'un an et demi de prison ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français. À l'énoncé du verdict, le détenu s'est exclamé : "Je vais me suicider en me tapant la tête contre le mur !" avant d'être reconduit vers la prison de Béziers.



